Tout d'abord, je m'excuse car ce n' est pas le premier message que je poste ici et peut-être que je me répète un peu. C'est ce qui se passe dans ma tête actuellement, mes pensées sont en boucle...
J'ai accouché le 24 décembre 2025 d'un petit garçon. Ce fut une journée pleine de douceur, le calme dans la tempête. Rencontrer mon bébé a été le moment le plus douloureux, mais aussi le plus beau que j'aie été amenée à vivre. J'étais enceinte de 40 semaines, à ce stade je n'attendais qu'une chose : le rencontrer. Nous avions tout pour être heureux avec mon compagnon. C'était notre premier enfant, première grossesse survenue sans aucune difficulté et j'ai vécu ces 9 mois plus épanouie que jamais.
Lorsque le 21 décembre, ne le sentant plus bouger, nous nous sommes rendus aux urgences, lorsque le gynéco nous a annoncé que son coeur s'était arrêté de battre, je n'ai pas pleuré. J'ai été choquée, sidérée. Je n'y croyais pas. Comment est-ce possible que du jour au lendemain, d'une seconde à l'autre, tout bascule? Pendant toute ma grossesse, on nous a dit que ce bébé était en pleine forme, bien tonique, et à l'aube du terme, il meurt, comment est-ce possible ?
C'est une question à laquelle je n'ai toujours pas de réponse, je n'en n'aurais certainement jamais.
Je ne suis pas croyante et pourtant, j'aimerais vraiment me raccrocher à des phrases que j'ai pu entendre du genre "il n'était pas fait pour la vie sur Terre", "il était attendu ailleurs" ou encore "il avait une destinée, mais pas celle de vivre ici"... Mais ce n' est pas le cas et, au lieu de donner du sens à cette situation, ces phrases me transpercent de douleur. Il n'y a pas de sens, la vie n'a pas de sens. Et pourtant, il faut se battre pour continuer à avancer et essayer d'être heureux.
Mon bébé aurait dû avoir 3 mois et demi. Dès la sortie de la maternité, j'ai été en pilote automatique. J'étais un robot. Même si j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps à certains instants, j'arrivais à sortir et à faire des petites choses. Je me surprenais d'ailleurs, car je me disais que je ne devais pas être normale pour arriver à vivre encore... Nous avons pris du temps avec mon conjoint, pour se retrouver à deux, dans notre chez-nous. Nous avons pris le temps de parler pendant des heures, de notre bébé et de nos ressentis. Nous avons également été dans nos familles respectives. Nous avons vu la psy de la maternité toutes les semaines pendant 3 mois, et aujourd'hui nous avons pris un autre suivi individuel en ville. Je fais également de l'EMDR.
Mais aujourd'hui, mon bébé aurait dû avoir 3 mois et demi et c'est particulièrement difficile. Il n'y a pourtant pas de date anniversaire, et aujourd'hui n'est pas un jour particulier. Mais j'imagine que c'est en partie ça, le deuil, ce sont des vagues qui viennent nous submerger parfois, et puis repartent un peu plus loin.
Je ne sais pas non plus si c'est l'EMDR qui fonctionne, qui me fait revivre des moments de ma grossesse ou de l'instant où tout a basculé. Ce qui me donne le vertige, c'est de repenser à l'avant, à notre bonheur intense et naïf, au regard de la situation telle qu'elle est aujourd'hui... Je me sens vide, inutile, presque morte avec mon bébé. Je ne trouve plus aucun sens à cette vie, je ne comprends pas vers quoi elle me mène.
Aujourd'hui mon bébé aurait dû avoir 3 mois et demi. J'ai repris le travail à temps partiel, mon conjoint en temps plein. Nous avons repris nos activités et réservé nos prochaines vacances. Nous avons repris notre vie "normale".Mais ça ne veut plus rien dire et, même s'il y a une part de positif à reprendre un peu de normalité, ca fait très mal.
Je ne sais pas vraiment quel est le but de ce message, j'imagine trouver un peu de soutien et de réconfort auprès de parents ayant vécu la perte de leur enfant. Je sais, j'espère, que le soleil reviendra petit à petit, mais la période est difficile à gérer pour moi en ce moment. La cause du décès de mon bébé est inexpliquée, il s'apparente à une mort subite. Il n'y a donc pas de raison que cela se reproduise (comme s'il y en avait une la première fois). J'ai des angoisses qui refont surface, de ne pas pouvoir mettre au monde un enfant en bonne santé.
Cette pensée m'anéantit, car c'est la perspective de connaître à nouveau le bonheur de rencontrer son enfant qui m'anime. C'est d'ailleurs la seule chose actuellement. J'ai l'impression que le chemin va être long et semé d'embûches, j'ai même parfois l'impression qu'il va être insurmontable.
Si certain.es d'entre vous se reconnaissent dans mon histoire, ou pas, veulent échanger, me donner un peu d'espoir, me parler de leur(s) bébé(s) parce que ça fait du bien, etc. Ce serait avec plaisir que je vous lirais.
Merci