Petit message sans questionnements ni besoin de conseils mais juste poser mes émotions...
J'ai trop de mal à accepter les vagues. Cela fait 6 mois que j'ai perdu mon bébé et les émotions sont toujours difficiles. Les vagues sont moins fortes et moins fréquentes, j'ai repris le travail à 80% donc je suis aussi bien occupée. Il y a encore des moments avec et sans, de manière générale il y a une tristesse latente qui m'empêche d'être sereine et joyeuse.
J'ai cette envie de retomber enceinte et chaque mois qui passe avec le retour de mes règles est un crève-coeur (Juin était le premier mois où mon conjoint était ok pour reprendre, mais moi je suis tellement pressée...)
La plupart du temps, lorsque je suis au travail ou occupée, j'arrive à ne pas trop ruminer. Mais il y a des jours comme aujourd'hui où ça ne va pas. L'impression de passer le restant de mes jours à être malheureuse, à pleurer mon bébé et en attendre un nouveau que je n'aurais peut-être jamais (qui sait)
Bref, vous l'avez compris, je suis dans le négatif ++ aujourd'hui, et j'ai du mal à accepter d'aller mal parfois
C'est très décousu et j'ai l'impression de mal m'exprimer, mais merci pour votre lecture par avance
Tu as raison de déposer ton découragement ici. Ton message me touche et me parle.
Depuis l'IMG, je sens que je traine toujours une petite part de tristesse en moi. Avec l'arrivée de mon fils, j'avais réussi à reprendre pas mal de confiance en la vie et en mon corps. Les vagues s'étaient très espacées.
J'étais vraiment confiante en début d'année, quand je suis tombée enceinte. Et puis, j'ai vécu une deuxième perte, pour une autre anomalie chromosomique accidentelle.
Je travaille. Je m'occupe de mon fils que j'aime plus que tout. Je vis "normalement".
Mais j'ai de nouveau des vagues de tristesse et de colère contre l'injustice qui nous a frappés deux fois. Avoir mes règles me démoralise énormément.
C'est normal de ne pas aller bien par moment. Surtout quand on se prend la déception de l'arrivée des règles ou quand on passe des dates-clés sans nos bébés.
Le temps aidera. Un arc-en-ciel encore plus.
J'espère de tout cœur que les prochains jours seront plus doux.
Je nous souhaite d'avoir bientôt un bel espoir et des bébés en bonne santé pour 2027.
Manon, Équipe de modération de Petite Emilie
Pépinette, IMG à 17SA pour T21 - 28/03/2024
Louis, notre Petit Espoir - 05/03/2025
Petite P., FC silencieuse à 11SA pour Syndrome de Turner - 10/04/2026
Merci pour ta réponse. Ça aide de savoir que l'on n'est pas seule, mais c'est jamais plaisant de se dire que d'autres vivent dans la douleur aussi... Je suis désolée pour la perte de tes deux bébés et je t'envoie toute ma force (le peu qu'il me reste).
Si il n'y avait "que" la tristesse à gérer, mais devoir supporter aussi l'angoisse de l'incertitude, se faire des films pour le moindre symptôme (positif pour une grossesse ou négatif en s'imaginant des problèmes de santé), c'est vraiment épuisant. J'espère sincèrement que ce bébé espoir va vite s'installer en arriver en bonne santé ! Je te le souhaite aussi.
Je te rejoins aussi sur le stress. Il y a des moments où je crains que le dernier arrêt de grossesse et le curetage aient laissé des séquelles qui empêcheraient une future grossesse. J'ai peur de ne plus parvenir à tomber enceinte (même s'il n'y a pas de raison, ni de vrais symptômes).
J'analyse beaucoup tout ce que je ressens et tous mes symptômes, alors qu'il est impossible de savoir à l'avance... J'ai des moments d'espoir, puis de découragement. Des vagues, des gros creux.
C'est "normal" de ressentir tout cela après nos vécus. Nous avons perdu confiance en nos corps. Nous avons perdu notre insouciance. Et nous avons le besoin viscéral de porter la vie et d'avoir un bébé vivant et en bonne santé dans nos bras.
Je te souhaite une douce soirée.
Manon, Équipe de modération de Petite Emilie
Pépinette, IMG à 17SA pour T21 - 28/03/2024
Louis, notre Petit Espoir - 05/03/2025
Petite P., FC silencieuse à 11SA pour Syndrome de Turner - 10/04/2026
Merci pour ce message qui fait du bien à lire. Même si j'imagine que c'est normal de ressentir tout ça, j'ai encore du mal à me déculpabiliser ou à ne pas me mettre la pression. Il faut que j'accepte d'avoir des creux parce que se mettre la pression pour aller "bien" n'arrange rien mais comme je disais, c'est l'accumulation tristesse + angoisses qui est vraiment épuisant. Ce matin j'ai appelé une sophrologue (que je n'avais jamais vue) en urgence pour faire une séance parce que j'étais partie en crise d'angoisse, et dans ces moments rien n'arrive à me calmer à part être guidée par quelqu'un pour une séance de relaxation. J'ai beau apprendre plein d'outils avec l'hypnothérapeute qui m'accompagne, je suis incapable de les mettre en pratique seule.
Es-tu accompagnée ? As-tu des outils pour ré-apprendre à faire confiance à la vie et à ton corps ?
Je t'envoie plein de douces pensées
Parfois, mes proches me culpabilisent un peu en me disant des choses du type "arrête d'y penser, tu te fais du mal toute seule", "si tu n'y penses pas, une nouvelle grossesse va arriver" ou "il faut que tu passes à autre chose".
Ça ne fait que 3 mois depuis le curetage. La dernière perte de grossesse. C'est très court, 3 mois, pour se relever d'une nouveau traumatisme.
Les commentaires partent d'une bonne intention. Mais ils nient complètement la réalité du deuil périnatal et minimisent la perte.
Le fait est qu'on ne fait jamais le deuil d'un bébé. On apprend juste à porter la tristesse. Il y a des jours où elle est bien cachée, très loin. Et puis, parfois, une date, un doute, une chanson, un souvenir et elle revient d'un coup.
Et c'est OK. Il faut accepter que c'est normal et légitime d'avoir des creux, des moments de découragement
Pour ma part, je n'ai pas d'accompagnement. J'ai gardé sous le pied les noms de psychologues de la région qui pourraient m'aider si j'ai l'impression de perdre pied.
J'ai beaucoup lu sur le sujet du deuil. Je suis pas mal dans l'introspection. Le fait d'écrire ce que je ressens, ce que je vis et de prendre un peu de recul, ça me permet généralement de passer au-dessus des angoisses et des creux. Je n'ai jamais eu de véritables crises d'angoisse de mon côté.
Pour le moment, je ne sais pas comment reprendre confiance en mon corps après avoir vécu deux pertes si "improbables" d'un point de vue statistiques (environ 1/1000 pour la T21 et 1/2500 pour le Syndrome de Turner). Mais j'avance. Je m'accroche au fait que j'ai réussi à avoir un magnifique petit garçon en bonne santé. Je pense que seule une nouvelle grossesse avec un dénouement heureux me permettra d'avoir un peu de réparation.
J'espère que tu vas un peu mieux. De mon côté, la vague est passée.
Je croise les doigts pour que nous ayons rapidement de belles nouvelles et un peu d'espoir.
Manon, Équipe de modération de Petite Emilie
Pépinette, IMG à 17SA pour T21 - 28/03/2024
Louis, notre Petit Espoir - 05/03/2025
Petite P., FC silencieuse à 11SA pour Syndrome de Turner - 10/04/2026
Désolée pour ce retour un peu tardif. Je ne sais pas vraiment ce qui me fait le plus de bien, être présente sur ce groupe où je me sens un peu moins seule, ou bien prendre de la distance avec tous ces récits plus tristes les uns que les autres. C'est pareil pour la lecture. J'ai eu une période où j'ai eu besoin de lire sur le sujet du deuil, des témoignages, des lectures plus "théoriques"... Mais j'étais partagée entre "ça fait du bien de se sentir comprise" et "même la lecture, qui est censée être un moment où je peux m'évader, me replonge dans ce drame". Et tout pareil aussi pour l'écriture. J'ai toujours tenu un journal intime, mais depuis la perte de mon bébé, je n'y arrive plus. En fait, je crois que j'ai toujours tenu un journal pour les moments plutôt joyeux de ma vie, ou quelques petits tracas sans grande importance. Écrire sur le deuil de mon enfant, c'est trop trop difficile. Je n'arrive pas à aligner 2 lignes. Tout ce qui touche à ma grossesse de manière générale, c'est hyper sensible. Je n'arrive plus à regarder les photos de mon tél tant j'ai peur de retomber sur des souvenirs. J'espère que ça passera avec le temps, car j'ai envie de me souvenir de cette période comme je l'avais vécue, c'est-à-dire avec beaucoup de bonheur.
C'est vraiment tres difficile, la perte d'un bébé et de tout ce qui allait avec, l'insouciance, la perte de confiance en soi, en l'avenir, en la vie. Alors 2 bébés je n'ose même pas imaginer. C'est ma hantise et je me dis, comme beaucoup je pense, que je ne pourrais pas m'en remettre. Mais je me dis aussi, comme toi peut-être et d'autres qui l'auraient vécu, il n'y a pas vraiment le choix.
Les commentaires de tes proches ne sont pas très aidants effectivement. Je ne pense pas qu'ils soient dits avec méchanceté, mais ils engendrent de la culpabilisation. Est-ce que tu arrives à leur dire que ces paroles sont maladroites ?
Même si je suis persuadée qu'être obsédée par le fait de tomber enceinte ne va pas empêcher une grossesse, je ne peux pas m'empêcher de me mettre la pression pour moins stresser/ y penser. C'est fou comme ces idées reçues ont la peau dure. Bien sûr, c'est toujours mieux d'apaiser un peu ses angoisses mais bon, j'essaie de me dire que d'autres femmes sont tombées enceintes avant moi avec un terrain pas toujours idéal.
Je te trouve très courageuse de ne pas avoir d'accompagnement extérieur. C'est super que tu arrives à trouver un équilibre ailleurs (même s'il n'y a aucun mal à avoir besoin d'un suivi par un pro).