IMG 15SA + 5jours / T21
Posté : 25 septembre 2026, 15:15
Si je prends le temps d’écrire mon histoire aujourd’hui, c’est parce que ce forum m’a énormément aidée lorsque je traversais probablement l’épreuve la plus douloureuse de ma vie.
Pendant des semaines, j’y ai cherché des témoignages, des réponses, de l’espoir aussi. J’étais dans un long tunnel d’incertitude et de peur. Alors aujourd’hui, trois mois après, j’aimerais à mon tour laisser mon témoignage ici. Peut-être qu’un jour, une femme qui se retrouvera dans la même situation tombera sur ces lignes. Si mon histoire peut lui apporter ne serait-ce qu’un peu de soutien et lui permettre de se sentir moins seule, alors l’écrire aura servi à quelque chose.
Je suis tombée enceinte le 22 mars 2026 et j’ai appris ma grossesse au début du mois d’avril. J’étais la plus heureuse du monde.
Il faut savoir qu’en octobre 2025, j’avais fait une fausse couche. Tout était allé très vite : mes taux de bêta-HCG n’évoluaient pas correctement et l’embryon ne s’était même pas développé.
Après ce premier « échec », j’avais peur de ne pas réussir à retomber enceinte. Je me mettais une pression monstre chaque mois.
Et puis ce fameux test positif est arrivé en avril.
Pour moi, c’était le début d’une belle aventure.
Les premières prises de sang étaient excellentes, mes taux de bêta-HCG évoluaient très bien. Tout semblait se dérouler à merveille.
Compte tenu de ma précédente fausse couche, j’étais suivie plus régulièrement par mon gynécologue. Vers un mois de grossesse, une échographie a montré un petit décollement. Je n’ai pas été arrêtée, mais je devais faire attention aux charges lourdes, à la fatigue, au stress…
Puis l’échographie du premier trimestre est arrivée, le 29 mai, à 11 SA + 5 jours.
Le décollement avait disparu. On voyait la tête de notre bébé. Tout allait bien.
La clarté nucale était de 1,9 mm pour une LCC de 49 mm. Rien d’anormal n’avait été détecté.
Mon gynécologue nous a alors expliqué, à mon mari et à moi, que nous devions effectuer le dépistage de la trisomie 21. Il nous a expliqué le principe du tri-test et que, selon le résultat, des examens complémentaires pourraient éventuellement être proposés.
Nous sommes donc allés au laboratoire faire cette prise de sang.
Quelques jours plus tard, notre cauchemar a commencé.
Je reçois un message de mon médecin me demandant si nous pouvons nous entretenir en visioconférence pour discuter de mes résultats.
Je me dépêche de rentrer chez moi pour prendre son appel.
Il m’annonce que je me trouve dans le groupe de risque intermédiaire : 1/146.
Il essaie de me rassurer en m’expliquant ce que représente ce chiffre, mais qu’il faut désormais effectuer un DPNI.
Je vais donc faire cette deuxième prise de sang.
Entre-temps, je pars en séminaire avec mon travail. Je suis évidemment angoissée, mais au fond de moi, je suis persuadée que le résultat sera bon. Je me dis que ce n’était qu’une frayeur, une étape supplémentaire à traverser avant de pouvoir enfin profiter pleinement de ma grossesse.
Et puis je me souviens de ce message.
J’étais sur le point de monter dans l’avion pour rentrer à Paris lorsque mon médecin m’a écrit pour me dire qu’il avait reçu les résultats et me demander quand je serais de retour.
À cet instant, j’ai compris que quelque chose n’allait probablement pas.
Ce vol restera l’un des plus angoissants de toute ma vie.
J’essayais de retenir mes larmes pour ne pas éveiller les soupçons de mes collègues. Ils ne savaient pas encore que j’étais enceinte, car j’attendais justement les résultats du premier trimestre avant de l’annoncer à ma direction.
Pendant tout le vol, je me demandais comment j’allais gérer la situation. Comment ne pas sombrer dans le désespoir alors que je ne connaissais même pas encore concrètement le résultat du DPNI ?
J’atterris à Charles-de-Gaulle et prends un taxi en vitesse.
Je n’arrive plus à m’arrêter de pleurer.
Je me souviens encore de ce chauffeur qui me regardait dans son rétroviseur, ne sachant probablement pas quoi me dire pour enlever ce malaise et cette immense tristesse qui remplissaient la voiture.
Lorsque j’arrive en bas de chez moi, mon mari est là.
Nous montons ensemble et attendons l’appel de mon médecin.
Le verdict tombe.
Le ciel nous tombe sur la tête.
C’est une douleur que je n’oublierai jamais. Le vide. L’incompréhension.
Et surtout ce moment où, dans ma tête, quelque chose s’est brisé.
Jusqu’alors, tous les matins, j’ouvrais mon application Flo pour regarder l’avancée de ma grossesse, voir la taille de mon bébé, découvrir ce qui était en train de se développer…
J’ai arrêté.
Je crois que mon deuil a commencé à cet instant-là, alors même que mon bébé était toujours dans mon ventre.
Après le résultat du DPNI, mon gynécologue nous explique qu’un dernier examen est nécessaire pour établir le diagnostic : l’amniocentèse.
Le lendemain, nous avons rendez-vous à l’hôpital XXX. L’équipe reprend tout notre dossier avec nous.
Mais je ne suis qu’à environ 12 semaines et il est encore trop tôt pour réaliser l’amniocentèse. Il n’y a pas suffisamment de liquide amniotique.
On nous demande donc de revenir une dizaine de jours plus tard.
On nous explique également que, si le diagnostic est confirmé et que nous maintenons notre décision, l’IMG pourra être programmée très rapidement après.
Ces dix jours ont été très particuliers.
Pendant cette période, je « profitais » encore de mon ventre et de cette grossesse qui était toujours là.
En même temps, je priais pour ne pas sentir mon bébé bouger. Je crois que cela aurait été beaucoup trop difficile à supporter.
Et malgré tout, une petite partie de moi continuait d’espérer.
J’espérais ce miracle avec l’amniocentèse.
Le jour arrive enfin.
Nous sommes accueillis par l’équipe médicale et emmenés dans une salle ressemblant à un bloc. Mon mari me tient la main gauche. On me donne un casque de réalité virtuelle dans lequel je vois un poisson nager dans l’océan.
L’examen en lui-même n’est pas réellement douloureux.
Ils ont néanmoins dû me piquer une deuxième fois, lors de la première tentative, le bébé s’est déplacé vers l’aiguille et ils n’ont pas pu poursuivre. Ils ont donc dû recommencer à un autre endroit.
Ce n’était pas simple.
Mais lorsque tout a été terminé, j’étais tellement fière de l’avoir fait.
Encore aujourd’hui, lorsque je repense précisément à cet examen, j’éprouve curieusement une sorte de sentiment de paix et de relâchement.
Je ne sais pas vraiment l’expliquer.
Peut-être parce qu’au fond de moi, je savais qu’après cet examen, d’une manière ou d’une autre, cette interminable attente allait prendre fin et que tout allait s’accélérer.
L’après-midi, je suis rentrée chez moi et je me suis reposée.
Le lendemain, sans réellement savoir pourquoi, j’ai été envahie par l’angoisse. J’ai énormément pleuré.
Je sentais que les résultats allaient arriver.
À 16 h 30, l’hôpital m’appelle.
L’amniocentèse est positive.
Notre bébé est bien atteint de trisomie 21.
Il n’y a désormais plus d’incertitude.
Le vendredi 26 juin, je retourne à l’hôpital.
Je suis prise au bloc à 10 heures.
À midi, je suis en salle de réveil.
Et puis plus rien.
Juste le vide.
Je ne saurais pas vraiment décrire autrement ce moment.
Le vide, et rien d’autre.
Le caryotype nous apprendra par la suite qu’il s’agissait d’une trisomie 21 libre et homogène, donc d'un événement accidentel.
Aujourd’hui, trois mois se sont écoulés.
Parfois, j’y pense et j’ai encore mal. Je pense que cette douleur fera désormais partie de mon histoire. Mais j’essaie d’avancer.
Si j’écris aujourd’hui, c’est aussi parce que pendant toute cette période d’attente et d’incertitude, ce forum m’a apporté énormément. Lorsque j’étais dans l’impasse, lorsque je cherchais désespérément des réponses et des témoignages de femmes ayant vécu quelque chose de similaire, vos histoires étaient là.
Alors maintenant, j’aimerais simplement rendre un peu de ce que j’ai reçu ici.
À toutes les femmes qui tomberont peut-être sur ce témoignage après un tri-test inquiétant, un DPNI positif, dans l’attente d’une amniocentèse, d’un résultat ou confrontées à une IMG, vous n’êtes pas seules.
Je sais à quel point l’attente peut être interminable. Je sais ce que c’est que de chercher pendant des heures des témoignages en espérant tomber sur celui qui nous rassurera. Je sais aussi à quel point on peut continuer d’espérer un miracle jusqu’au dernier instant.
La vie est remplie de surprises. Certaines ne sont malheureusement pas celles que nous aurions voulu recevoir.
Mais malgré tout ce que nous avons traversé, je veux continuer à croire que de belles choses finiront par arriver.
Je l’espère de tout mon cœur.
Et pour terminer ce témoignage, il y a une dernière chose que j'aimerais écrire.
Nous attendions un petit garçon.
Je lui ai donné le prénom d'Esmé.
À tout jamais, il restera gravé dans ma mémoire et dans mon cœur.
Même si son souvenir restera aussi celui de l’épreuve la plus douloureuse de ma vie.
Pendant des semaines, j’y ai cherché des témoignages, des réponses, de l’espoir aussi. J’étais dans un long tunnel d’incertitude et de peur. Alors aujourd’hui, trois mois après, j’aimerais à mon tour laisser mon témoignage ici. Peut-être qu’un jour, une femme qui se retrouvera dans la même situation tombera sur ces lignes. Si mon histoire peut lui apporter ne serait-ce qu’un peu de soutien et lui permettre de se sentir moins seule, alors l’écrire aura servi à quelque chose.
Je suis tombée enceinte le 22 mars 2026 et j’ai appris ma grossesse au début du mois d’avril. J’étais la plus heureuse du monde.
Il faut savoir qu’en octobre 2025, j’avais fait une fausse couche. Tout était allé très vite : mes taux de bêta-HCG n’évoluaient pas correctement et l’embryon ne s’était même pas développé.
Après ce premier « échec », j’avais peur de ne pas réussir à retomber enceinte. Je me mettais une pression monstre chaque mois.
Et puis ce fameux test positif est arrivé en avril.
Pour moi, c’était le début d’une belle aventure.
Les premières prises de sang étaient excellentes, mes taux de bêta-HCG évoluaient très bien. Tout semblait se dérouler à merveille.
Compte tenu de ma précédente fausse couche, j’étais suivie plus régulièrement par mon gynécologue. Vers un mois de grossesse, une échographie a montré un petit décollement. Je n’ai pas été arrêtée, mais je devais faire attention aux charges lourdes, à la fatigue, au stress…
Puis l’échographie du premier trimestre est arrivée, le 29 mai, à 11 SA + 5 jours.
Le décollement avait disparu. On voyait la tête de notre bébé. Tout allait bien.
La clarté nucale était de 1,9 mm pour une LCC de 49 mm. Rien d’anormal n’avait été détecté.
Mon gynécologue nous a alors expliqué, à mon mari et à moi, que nous devions effectuer le dépistage de la trisomie 21. Il nous a expliqué le principe du tri-test et que, selon le résultat, des examens complémentaires pourraient éventuellement être proposés.
Nous sommes donc allés au laboratoire faire cette prise de sang.
Quelques jours plus tard, notre cauchemar a commencé.
Je reçois un message de mon médecin me demandant si nous pouvons nous entretenir en visioconférence pour discuter de mes résultats.
Je me dépêche de rentrer chez moi pour prendre son appel.
Il m’annonce que je me trouve dans le groupe de risque intermédiaire : 1/146.
Il essaie de me rassurer en m’expliquant ce que représente ce chiffre, mais qu’il faut désormais effectuer un DPNI.
Je vais donc faire cette deuxième prise de sang.
Entre-temps, je pars en séminaire avec mon travail. Je suis évidemment angoissée, mais au fond de moi, je suis persuadée que le résultat sera bon. Je me dis que ce n’était qu’une frayeur, une étape supplémentaire à traverser avant de pouvoir enfin profiter pleinement de ma grossesse.
Et puis je me souviens de ce message.
J’étais sur le point de monter dans l’avion pour rentrer à Paris lorsque mon médecin m’a écrit pour me dire qu’il avait reçu les résultats et me demander quand je serais de retour.
À cet instant, j’ai compris que quelque chose n’allait probablement pas.
Ce vol restera l’un des plus angoissants de toute ma vie.
J’essayais de retenir mes larmes pour ne pas éveiller les soupçons de mes collègues. Ils ne savaient pas encore que j’étais enceinte, car j’attendais justement les résultats du premier trimestre avant de l’annoncer à ma direction.
Pendant tout le vol, je me demandais comment j’allais gérer la situation. Comment ne pas sombrer dans le désespoir alors que je ne connaissais même pas encore concrètement le résultat du DPNI ?
J’atterris à Charles-de-Gaulle et prends un taxi en vitesse.
Je n’arrive plus à m’arrêter de pleurer.
Je me souviens encore de ce chauffeur qui me regardait dans son rétroviseur, ne sachant probablement pas quoi me dire pour enlever ce malaise et cette immense tristesse qui remplissaient la voiture.
Lorsque j’arrive en bas de chez moi, mon mari est là.
Nous montons ensemble et attendons l’appel de mon médecin.
Le verdict tombe.
Le ciel nous tombe sur la tête.
C’est une douleur que je n’oublierai jamais. Le vide. L’incompréhension.
Et surtout ce moment où, dans ma tête, quelque chose s’est brisé.
Jusqu’alors, tous les matins, j’ouvrais mon application Flo pour regarder l’avancée de ma grossesse, voir la taille de mon bébé, découvrir ce qui était en train de se développer…
J’ai arrêté.
Je crois que mon deuil a commencé à cet instant-là, alors même que mon bébé était toujours dans mon ventre.
Après le résultat du DPNI, mon gynécologue nous explique qu’un dernier examen est nécessaire pour établir le diagnostic : l’amniocentèse.
Le lendemain, nous avons rendez-vous à l’hôpital XXX. L’équipe reprend tout notre dossier avec nous.
Mais je ne suis qu’à environ 12 semaines et il est encore trop tôt pour réaliser l’amniocentèse. Il n’y a pas suffisamment de liquide amniotique.
On nous demande donc de revenir une dizaine de jours plus tard.
On nous explique également que, si le diagnostic est confirmé et que nous maintenons notre décision, l’IMG pourra être programmée très rapidement après.
Ces dix jours ont été très particuliers.
Pendant cette période, je « profitais » encore de mon ventre et de cette grossesse qui était toujours là.
En même temps, je priais pour ne pas sentir mon bébé bouger. Je crois que cela aurait été beaucoup trop difficile à supporter.
Et malgré tout, une petite partie de moi continuait d’espérer.
J’espérais ce miracle avec l’amniocentèse.
Le jour arrive enfin.
Nous sommes accueillis par l’équipe médicale et emmenés dans une salle ressemblant à un bloc. Mon mari me tient la main gauche. On me donne un casque de réalité virtuelle dans lequel je vois un poisson nager dans l’océan.
L’examen en lui-même n’est pas réellement douloureux.
Ils ont néanmoins dû me piquer une deuxième fois, lors de la première tentative, le bébé s’est déplacé vers l’aiguille et ils n’ont pas pu poursuivre. Ils ont donc dû recommencer à un autre endroit.
Ce n’était pas simple.
Mais lorsque tout a été terminé, j’étais tellement fière de l’avoir fait.
Encore aujourd’hui, lorsque je repense précisément à cet examen, j’éprouve curieusement une sorte de sentiment de paix et de relâchement.
Je ne sais pas vraiment l’expliquer.
Peut-être parce qu’au fond de moi, je savais qu’après cet examen, d’une manière ou d’une autre, cette interminable attente allait prendre fin et que tout allait s’accélérer.
L’après-midi, je suis rentrée chez moi et je me suis reposée.
Le lendemain, sans réellement savoir pourquoi, j’ai été envahie par l’angoisse. J’ai énormément pleuré.
Je sentais que les résultats allaient arriver.
À 16 h 30, l’hôpital m’appelle.
L’amniocentèse est positive.
Notre bébé est bien atteint de trisomie 21.
Il n’y a désormais plus d’incertitude.
Le vendredi 26 juin, je retourne à l’hôpital.
Je suis prise au bloc à 10 heures.
À midi, je suis en salle de réveil.
Et puis plus rien.
Juste le vide.
Je ne saurais pas vraiment décrire autrement ce moment.
Le vide, et rien d’autre.
Le caryotype nous apprendra par la suite qu’il s’agissait d’une trisomie 21 libre et homogène, donc d'un événement accidentel.
Aujourd’hui, trois mois se sont écoulés.
Parfois, j’y pense et j’ai encore mal. Je pense que cette douleur fera désormais partie de mon histoire. Mais j’essaie d’avancer.
Si j’écris aujourd’hui, c’est aussi parce que pendant toute cette période d’attente et d’incertitude, ce forum m’a apporté énormément. Lorsque j’étais dans l’impasse, lorsque je cherchais désespérément des réponses et des témoignages de femmes ayant vécu quelque chose de similaire, vos histoires étaient là.
Alors maintenant, j’aimerais simplement rendre un peu de ce que j’ai reçu ici.
À toutes les femmes qui tomberont peut-être sur ce témoignage après un tri-test inquiétant, un DPNI positif, dans l’attente d’une amniocentèse, d’un résultat ou confrontées à une IMG, vous n’êtes pas seules.
Je sais à quel point l’attente peut être interminable. Je sais ce que c’est que de chercher pendant des heures des témoignages en espérant tomber sur celui qui nous rassurera. Je sais aussi à quel point on peut continuer d’espérer un miracle jusqu’au dernier instant.
La vie est remplie de surprises. Certaines ne sont malheureusement pas celles que nous aurions voulu recevoir.
Mais malgré tout ce que nous avons traversé, je veux continuer à croire que de belles choses finiront par arriver.
Je l’espère de tout mon cœur.
Et pour terminer ce témoignage, il y a une dernière chose que j'aimerais écrire.
Nous attendions un petit garçon.
Je lui ai donné le prénom d'Esmé.
À tout jamais, il restera gravé dans ma mémoire et dans mon cœur.
Même si son souvenir restera aussi celui de l’épreuve la plus douloureuse de ma vie.