Pour Helena, MFIU à 39 semaines
Posté : 05 août 2026, 17:26
Bonjour,
Je vous remercie. En lisant vos témoignages, j’ai trouvé le courage d’écrire l’histoire de mon Helena, que j’ai perdu en mars 2026, à 39 semaines. Le français n’est pas ma langue maternelle et j’ai l’impression qu’il me limite dans l’hommage que j’aimerais rendre à ma fille.
J’ai eu une grossesse harmonieuse; c’était ma première, à l’âge de 36 ans. J’étais tellement heureuse d’être enceinte, je me sentais confiante et j’avais l’impression d’avoir un super pouvoir, Helena était mon super pouvoir. Je vivais les mois les plus heureux de ma vie. Comme dans un autre témoignage que je viens de lire, je pensais que 2026 allait être la meilleure année de ma vie. Maintenant, j'ai même peur d'utiliser les mots « meilleur » et « pire ». Tout s'est bien passé durant la grossesse. La dernière échographie, à 37 semaines, était normal. Les derniers jours de ma fille vivante, j’étais tranquille chez moi, heureuse à l’idée de bientôt l’accueillir. Peut-être à cause de l'histoire d’une MFIU dans mon entourage à 41 semaines, j'avais juste un peu peur de dépasser le terme et j'envisageais de demander un déclenchement au rendez-vous des 40 semaines, car personne ne le ferait avant, m’avaient dit les médecins. Je n'avais pas de critères, bébé allait bien, merveilleusement bien.
Un matin, je me réveille et je ne la sens plus bouger. J’avais le rendez-vous pour la 40eme sem deux jours plus tard. D'abord, je me suis dit que j'étais juste anxieuse. Puis je décide de me rendre aux urgences pour un contrôle, je me dis que cela me rassurera.
Une sage-femme me pose un CTG au tri. Silence. Au début, je pensais que ce CTG, que je n’avais jamais fait, était un dopton, avec lequel on ne retrouve pas toujours le cœur directement. Elle appelle ensuite la gynécologue pour une échographie. La gynécologue pose son échographe directement sur le cœur, qui ne bat pas. Je sais parfaitement que les images des échographies ne sont pas statiques, mais je me dis encore « Elle n’a pas allumé la fonction doppler. » « Cet échographe ne va pas bien ». Puis, elle me dit : « J’ai quelque chose de terrible à vous annoncer. » Je m'étonnerai plus tard de ne pas être morte à ce moment, tant la souffrance m'écrase. Je ne cesse de lui demander : « Vous êtes sûre ? » « Et le doppler ? » « Le doppler est allumé, mais il n’y a pas de couleur, car il n’y a pas de flux. » En même temps, je sais qu’elle est sûre, car j’ai ce cœur sur mes yeux, le cœur de ma fille, cette image échographique qui ne bouge pas. Je lui demande s'il est possible de tenter de la réanimer, ma fille. Faire une césarienne en urgence, tout de suite. Je sais très bien que la réponse est non. Je cris « est-ce que c’est parce que j’ai eu peur que ça m’arrive, que ça m’est arrivé ? ».
J’accouche 2 jours plus tard, le jour du RDV du terme, par voie basse et comme vous, je tiens ma fille morte dans mes bras. D’abord il a fallu me convaincre à accoucher, car moi je voulais partir avec elle, ou échanger sa vie par la mienne (mais encore, on ne serait pas ensemble!). J’accouche le soir, je passe la journée à me dire qu’il faut m’attendre à qu’elle ne pleure pas. Je garde un espoir que tout le monde se soit trompé, alors que je sais que c’est vrai. Je l’ai dans mes bras, tellement belle et parfaite, ma fille, mon bebe de terme de 3.5 kg, et j’attends encore qu’elle bouge. La violence. La dissociation. J’ai voulu te connaitre plus que tout. Je suis tellement désolée, Helena.
C’est un accident de cordon qui m’a pris ma fille, une triple circulaire serrée, qui n’a pas été détectée ou qu’il n’y a pas moyen de détecter. Si au moins le temps pouvait revenir en arrière, si au moins, si au moins.
J’accroche encore à cette phrase qu’on m’a dit quelques jours après : tous les mammifères perdent leurs bébés.
Le parcours est long et dur, j'accroche à ce que je peux, je vois des signes de ma fille dans la lumière et dans l’ombre, je me dis qu’elle est et sera toujours avec moi par ses cellules qui ont circulé entre son placenta et mon corps, je me dis que je dois vivre aussi pour elle, nous n’avons pas eu la chance de nos découvrir ensemble ni de partager une vie sur terre en dehors de mon utérus, mais un jour je la retrouverai là où elle est.
J’ai très peur pour une nouvelle grossesse mais je sais aussi que c’est le moyen pour avoir un deuxième enfant, et j’y tiens absolument. Je tiens à la vie et à mon Helena, car sa vie n’a pas été en vain et elle m’a appris tellement de belles choses, notre temps ensemble a été court mais si précieux. Je ne veux pas que ce temps reste exclusivement marqué par la souffrance. Je suis remerciante, chaque jour, d’avoir mon chéri, il le seul est la deuxième moitié d’Helena que je peux retrouver sur terre. Et Helena restera toujours un amour plus grand que moi, plus grand que nous, plus grand que ce chemin infini entre le ciel et la terre.
Je vous remercie. En lisant vos témoignages, j’ai trouvé le courage d’écrire l’histoire de mon Helena, que j’ai perdu en mars 2026, à 39 semaines. Le français n’est pas ma langue maternelle et j’ai l’impression qu’il me limite dans l’hommage que j’aimerais rendre à ma fille.
J’ai eu une grossesse harmonieuse; c’était ma première, à l’âge de 36 ans. J’étais tellement heureuse d’être enceinte, je me sentais confiante et j’avais l’impression d’avoir un super pouvoir, Helena était mon super pouvoir. Je vivais les mois les plus heureux de ma vie. Comme dans un autre témoignage que je viens de lire, je pensais que 2026 allait être la meilleure année de ma vie. Maintenant, j'ai même peur d'utiliser les mots « meilleur » et « pire ». Tout s'est bien passé durant la grossesse. La dernière échographie, à 37 semaines, était normal. Les derniers jours de ma fille vivante, j’étais tranquille chez moi, heureuse à l’idée de bientôt l’accueillir. Peut-être à cause de l'histoire d’une MFIU dans mon entourage à 41 semaines, j'avais juste un peu peur de dépasser le terme et j'envisageais de demander un déclenchement au rendez-vous des 40 semaines, car personne ne le ferait avant, m’avaient dit les médecins. Je n'avais pas de critères, bébé allait bien, merveilleusement bien.
Un matin, je me réveille et je ne la sens plus bouger. J’avais le rendez-vous pour la 40eme sem deux jours plus tard. D'abord, je me suis dit que j'étais juste anxieuse. Puis je décide de me rendre aux urgences pour un contrôle, je me dis que cela me rassurera.
Une sage-femme me pose un CTG au tri. Silence. Au début, je pensais que ce CTG, que je n’avais jamais fait, était un dopton, avec lequel on ne retrouve pas toujours le cœur directement. Elle appelle ensuite la gynécologue pour une échographie. La gynécologue pose son échographe directement sur le cœur, qui ne bat pas. Je sais parfaitement que les images des échographies ne sont pas statiques, mais je me dis encore « Elle n’a pas allumé la fonction doppler. » « Cet échographe ne va pas bien ». Puis, elle me dit : « J’ai quelque chose de terrible à vous annoncer. » Je m'étonnerai plus tard de ne pas être morte à ce moment, tant la souffrance m'écrase. Je ne cesse de lui demander : « Vous êtes sûre ? » « Et le doppler ? » « Le doppler est allumé, mais il n’y a pas de couleur, car il n’y a pas de flux. » En même temps, je sais qu’elle est sûre, car j’ai ce cœur sur mes yeux, le cœur de ma fille, cette image échographique qui ne bouge pas. Je lui demande s'il est possible de tenter de la réanimer, ma fille. Faire une césarienne en urgence, tout de suite. Je sais très bien que la réponse est non. Je cris « est-ce que c’est parce que j’ai eu peur que ça m’arrive, que ça m’est arrivé ? ».
J’accouche 2 jours plus tard, le jour du RDV du terme, par voie basse et comme vous, je tiens ma fille morte dans mes bras. D’abord il a fallu me convaincre à accoucher, car moi je voulais partir avec elle, ou échanger sa vie par la mienne (mais encore, on ne serait pas ensemble!). J’accouche le soir, je passe la journée à me dire qu’il faut m’attendre à qu’elle ne pleure pas. Je garde un espoir que tout le monde se soit trompé, alors que je sais que c’est vrai. Je l’ai dans mes bras, tellement belle et parfaite, ma fille, mon bebe de terme de 3.5 kg, et j’attends encore qu’elle bouge. La violence. La dissociation. J’ai voulu te connaitre plus que tout. Je suis tellement désolée, Helena.
C’est un accident de cordon qui m’a pris ma fille, une triple circulaire serrée, qui n’a pas été détectée ou qu’il n’y a pas moyen de détecter. Si au moins le temps pouvait revenir en arrière, si au moins, si au moins.
J’accroche encore à cette phrase qu’on m’a dit quelques jours après : tous les mammifères perdent leurs bébés.
Le parcours est long et dur, j'accroche à ce que je peux, je vois des signes de ma fille dans la lumière et dans l’ombre, je me dis qu’elle est et sera toujours avec moi par ses cellules qui ont circulé entre son placenta et mon corps, je me dis que je dois vivre aussi pour elle, nous n’avons pas eu la chance de nos découvrir ensemble ni de partager une vie sur terre en dehors de mon utérus, mais un jour je la retrouverai là où elle est.
J’ai très peur pour une nouvelle grossesse mais je sais aussi que c’est le moyen pour avoir un deuxième enfant, et j’y tiens absolument. Je tiens à la vie et à mon Helena, car sa vie n’a pas été en vain et elle m’a appris tellement de belles choses, notre temps ensemble a été court mais si précieux. Je ne veux pas que ce temps reste exclusivement marqué par la souffrance. Je suis remerciante, chaque jour, d’avoir mon chéri, il le seul est la deuxième moitié d’Helena que je peux retrouver sur terre. Et Helena restera toujours un amour plus grand que moi, plus grand que nous, plus grand que ce chemin infini entre le ciel et la terre.