Page 1 sur 1

Incapable de choisir...

Posté : 07 juin 2026, 03:53
par MarieLee
Bonjour,
Comme bcp de ce que jai pu lire ici, cest dans un grand désespoir que je me confie ici.
Je suis bien bête dans mes relations aux hommes et je m'excuse par avance de livrer autant de détails.

Jai 40 ans et je nai jamais ressenti l'amour sincere de mes parents ou ma famille. Ils ont cependant assumé leur responsabilité pour me donner un certain confort de vie.
Jai été diagnostiqué tres jeune comme surdouée et hypersensible. Mon père était tres violent physiquement et psychologiquement. Ma mère etait centrée sur son travail et ses passions. Meme apres leur séparation ils ont nourri une haine réciproque que je recevais, jusqu'à maintenant.

Jai eu une vie sentimentale et sexuelle chaotique.
J'ai subit un avortement par médicaments à 23 ans, sous influence de ma mère, car j'étais encore à l'université et que le père de mon bébé n'était pas amoureux de moi et avait mis une autre fille enceinte simultanément.
Jai été profondément impacté par ce renoncement pendant pres de 10 ans.

Je suis maman de deux enfants, dont les pères respectifs n'ont été présents ni pendant la grossesse, ni après, sans reconnaissance civile, sans aucun contact jusqu'ici.
Le père de ma fille de 7 ans était violent envers lui même (drogue alcool) et envers moi. Il désirait un enfant pour éviter les peines de prison. Il a été écarté définitivement par jugement pénal.
Le père de mon fils de 3 ans était catholique extrémiste, prisonnier des exigences de sa famille. A l'annonce de la grossesse, il était horrifié de devenir parent avec moi car je netais pas digne de "son clan" et terrifié d'être renié de l'église si je renoncais à cet enfant parce qu'il le refusait.
J'ai donc compris qu'il voulait que l'enfant vive mais loin de lui.
J'élève donc mes enfants seules et sans aucun repis, puisque je nai plus de famille pres de moi.
Je suis restée longtemps entièrement célibataire, entre mes enfants et avant eux, après l'avortement sous pression.

Il y a un an et demi jai consulté un magnétiseur pour mes problèmes d'anxiété et de sommeil. Il m'a confié que jetais la réponse à ses prières et quon avait le même coeur, pour me convaincre de sortir de mon celiba et etre en couple avec lui.
Il venait detre quitté par la mere de ses garcons de 10 et 7 ans après 10 ans de vie commune. Je le croyais en detresse émotionnel, il l'était surtout financierement. Jai proposé de garder ses enfants à son domicile, en plus des miens, les weekends durant sa semaine de garde alternée pour qu'il puisse aller travailler.
Notre relation sest fondée uniquement sur ces moments ou on venait passer le week-end chez eux. Sur ses semaines off sans enfants et sans travail (que vendredi/samedi), il ne venait pas me voir sauf quand je pleurais en suppliant. Jai formulé clairement le déséquilibre et l'insécurité emotionnelle de son manque d'investissement auquel il repondait par "je suis comme ca". Je lexcusais en me disant quil avait besoin de temps.

Mais je suis tombée enceinte, faute de précautions et aveuglée par son charisme (tres bel homme intelligent), pour lesquelles jassume ma part de responsabilité. Il voulait pratiquer le retrait et la surveillance des cycles, car il ne voulait pas dautres enfants, surtout pas avec moi qui en avait deux sans pères et donc sans pause.
Jai fait un déni et nous avons appris la grossesse peu avant le 3eme mois. Il aurait pu se sentir dupé mais il a choisi daccepter plus sereinement que moi qui était terrifiée a l'idée quil me pousse a avorter alors quon venait dentendre son coeur battre.
Il était surtout tres fière que ca soit une fille car personne n'en avait fait dans sa famille. Il avait prévu la babyshower aupres de tout ses proches, alors que je nen connaissais aucun...
Je sentais bien que malgré sa volonté de vehiculer une image de quelqu'un de spirituel, il était seulement guidé par son ego. A ses yeux je n'étais surement quun incubateur prometteur (esthetiquement). En fait il me voyait exactement comme les autres avant lui, pour mon apparence, sans voir mon âme, aussi nunuche soit elle.

Puis 1 semaine plus tard les résultats sanguins sont arrivés, j'étais en retard sur tout les tests a cause de la découverte tardive. La gynéco m'a appelé pour un dpni positif 99%. Il est venu chez moi ce soir là pour que je lui explique. Il a complètement changé de vision. Il ne voulait plus de "sa fille". Il m'a dit de faire l'amniocentèse pour être fixée. Jai obéi meme si javais peur des conséquences pour bébé et pour l'avenir. Il n'a meme pas attendu les résultats de cet examen invasif pour me dire par message quil me quittait dès le lendemain.
Cest un adepte de chatgpt donc je suppose qu'après une longue discussion avec cet intelligence virtuelle, il a pu se positionner définitivement avec seulement le dpni. Il a justifié sa décision sur le fait de ne pas vouloir "engendrer la souffrance" et que c'était mon corps, quil savait mes traumatismes et quil ne pouvait pas décider à ma place. Donc sa solution était de mabandonner face a tout ça en espérant que je suive le chemin qu'il indiquait à distance.

Pendant plus dun mois il a cherché à me convaincre en utilisant tout mon passé contre mon espoir, en attente du cariotype. Les arguments : trois enfants seules, toujours sans pères, plus possible de travailler, déjà "vieille", pas de famille, poids pour mes enfants déjà là maintenant et à ma mort, mon rêve de famille et damour avec un homme qui voit mon coeur perdu à jamais car je deviens encore plus "une cassos", dépression en perspective a cause de la charge et des difficultés de santé de bébé... bref il a mis le paquet. Et je le comprends, comme je vous comprends toutes dans vos choix respectifs.

Mais voilà, je suis maintenant a 28sa, ca fait deux mois que je retourne la situation dans tout les sens dans ma tete et dans mon coeur et je ne trouve pas le juste chemin.
Toutes les echos sont rassurantes, les médecins sont presque a dire que sans amnio, on y aurait pas cru.
Elle bouge énormément et réagit de façon complice à mes toucher ou à la voix de son frere et sa soeur, qui lattendent malgré sa différence.
Je me suis affiliée à des dizaines de groupes pour avoir des témoignages des 2 côtés, ceux qui renoncent par amour et ceux qui continuent par amour aussi.
Je suis perdue entre ma foi sur le fait que cette petite est envoyé à moi par le ciel pour me faire grandir spirituellement, peut etre sur lamour inconditionnel plutot que celui des partenaires... et ma peur immense que sa vie ne soit que souffrance pour elle meme, pour sa fratrie si jeune, pour moi-même, du haut de ma quarantaine.

Je suis tellement désespérée que jai même vu un medium, qui a une émission de tv, pour être rassurée et quil m'a finalement dit que je devais interrompre car elle allait souffrir et que son pere, bien qu'étant tres doué dans son travail (confirmé par de nombeux commentaires sur google) était un pn en puissance (jaime pas les etiquettes... en tant que "nunuche sentimentale officiellement surdouée").

Pourtant je vois tellement de personnes qui sen sortent avec persévérance, encore plus avec la polémique qui vient d'exploser au sujet de l'influenceur qui a publiquement annoncé sur insta, linterruption de la grossesse de sa femme à 5 mois il y a quelques jours.
Cest vrai que maintenant avec les prises en charge précoce, les personnes t21 sen sortent mieux et quils ont une intelligence émotionnelle décuplée meme si leur intelligence rationnelle est moindre.
Je comprends aussi toutes ses familles qui ont choisi d'essayer de croire en la vie avec un truc en plus comme un cadeau et non un fardeau.

Meme si il y a beaucoup moins de témoignages sur les familles qui ont voulu y croire et qui se retrouvent épuisées quand leur enfant spécial devient un adulte dépendant.
J'aurais aimé connaitre les reelles statistiques, meme si ca ne garantie pas un prognostique personnel, simplement parce que mon cerveau ne reflechit plus qu'a travers cette problématique depuis des semaines.

Pour la plupart, les couples choisissent à deux, ils surmontent la difficulté à deux, dans le renoncement ou la poursuite.
Moi je suis seule, désemparée, avec un passé lourd. Mes enfants nont que moi et j'aime déjà mon bébé.
Son père a exprimé son choix contre elle avant de disparaître et de me bloquer partout.
Jai l'impression que je suis piégée et que quelque soit le chemin ca sera de la souffrance.

Je sais que ceux qui sont ici ont déjà choisi.
J'espère que vous allez mieux que moi, après la tempête.

Re: Incapable de choisir...

Posté : 07 juin 2026, 08:23
par Fraise
Bonjour MarieLee

Je n’ai pas de conseils à te donner. Déjà, nos situations sont différentes : les malformations de ma fille rendaient la décision plus « facile » que la tienne, car elles laissaient présager une vie dans les hôpitaux.
Je ne sais pas ce que j’aurais fais à ta place.

Je suis désolée que tu sois dans une situation aussi difficile, au sujet de ta grossesse et aussi dans ta vie personnelle.

Il y a des gens très bien qui arrêtent la grossesse pour une T21, et des gens très bien qui continuent. Dans tous les cas, je pense que c’est dur d’être seule dans cette décision et dans ce qui va suivre.

Pour être passé par une IMG il y a tout pile un mois, mais dans des circonstances très différentes, je peux te dire qu’on s’en remet petit à petit. Mais c’est très dur, et d’autant plus si on est seule. Si tu prenais cette décision, je suis sûre que le personnel de l’hôpital serait très présent lors de l’intervention et ne te laisserait pas seule dans ta chambre. Mais, l’après peut être très difficile, et il y a des unités d’accompagnement psychologique dans la plupart des CHU : ces unités sont la pour les femmes ayant recours à des IMG, mais aussi pour accompagner les femmes dans des situations difficiles comme la tienne, quelle que soit leur décision. Est ce que ton médecin/gyneco/ sage femme t’en a parlé ?
Je ne peux pas parler de la vie avec un enfant porteur de handicap, je n’ai pas d’autres enfants que ma petite fille partie il y a un mois.
N’hésite pas si tu as des questions concernant l’IMG par contre, et ses suites (je ne suis qu’à un mois après donc mes réponses sont tout de même limitées)

Je ne sais pas trop quoi dire de plus, je suis vraiment désolée de ta situation, et de t’accueillir sur ce forum. J’espère que tu arriveras à une décision en étant en paix avec toi même, quelle que soit la décision. C’est ta décision à toi, donc elle sera la bonne.
C’est toi qui porte le bébé, c’est toi qui t’en occupera si le bébé venait à naître, donc c’est toi et toi seule qui est légitime à prendre cette décision.

Je te souhaite beaucoup de courage quoi qu’il arrive ❤️

Re: Incapable de choisir...

Posté : 07 juin 2026, 13:54
par Pépin
Bonjour MarieLee,

Je suis sincèrement désolée que tu sois confrontée à ce choix. Je suis également désolée que tu sois si seule face à cette décision.

J'ai vécu en mars 2024 un diagnostic semblable, à 30 ans, pour notre premier enfant. Notre Pépinette était parfaite aux échographies, seul le DPNI (effectué auprès de toutes les femmes enceintes en Belgique) a détecté la T21.

Nous avons alors décidé de mettre un terme à la grossesse, par amour pour notre fille.

Nous avons dans notre entourage une famille avec une jeune femme trisomique. Nous avons constaté les épreuves, les difficultés, les sacrifices des parents... Et aussi la tristesse et la détresse de leur fille qui est parfois très malheureuse de sa différence. Elle est sous antidépresseurs depuis l'adolescence. Sa maman nous a dit que, même si elle aimait sa fille plus que tout au monde, elle aurait pris la même décision que nous si elle l'avait découvert lors de sa grossesse.

Ce témoignage et les statistiques disponibles en ligne reprenant tous les problèmes de santé liés à la trisomie 21 nous ont confortés dans notre choix. Nous avions trop peur que notre fille souffre toute sa vie. Nous avions peur de la laisser derrière nous plus tard. Nous avions peur que le handicap soit trop lourd à porter pour nous, pour elle et pour de possibles futurs enfants.

Nous avons donc préféré porter la peine de la perdre, plutôt que de prendre le risque qu'elle ne souffre toute sa vie.

Je ne te raconte pas cela pour te convaincre.

Il n'y a malheureusement pas de "bon" choix, ni de choix évident.

Tu dois faire en fonction de ton ressenti personnel. Peu importe le regard des autres, peu importe l'avis des autres.

Choisis ce que tu penses être le mieux pour toi, pour ton bébé et pour tes enfants.

Je t'envoie plein de douceur et beaucoup de courage dans ce cheminement.