IMG à 19SA pour trisomie 21
Posté : 18 janvier 2026, 15:26
Bonjour à toutes et tous,
Je vous lis depuis quelques semaines. Vos témoignages m’ont déjà beaucoup aidée. Je vous remercie pour vos partages, si durs, mais qui donnent aussi parfois de l’espoir dans ces moments si difficiles.
Je suis maman d’un merveilleux petit garçon de 2 ans, Marcel. En mars 2025 on s’est décidés à essayer d’avoir un second enfant. J’ai fait une fausse couche précoce (après seulement quelques jours). Puis, je suis de nouveau tombée enceinte, et j’ai fait une grossesse extra-utérine, qui s’est terminée en juin.
Nous nous sommes mariés début juillet, c’était un merveilleux moment après ces mois très difficiles.
Je suis de nouveau tombée enceinte en août et ai fait une fausse couche à 9SA.
Je suis tombée enceinte dans la foulée, le 16 septembre 2025 (juste après la fausse couche, avant mon retour de couches).
Durant le premier trimestre de grossesse, j’ai eu des nausées jour et nuit, c’était difficile. Nous n’étions pas sereins et avions des contrôles écho toutes les 1 à 2 semaines. J’étais supplémentée en ***** car on avait suspecté un déficit qui serait à l’origine des fausses couches. J’allaitais toujours Marcel, mais ma lactation a chuté avec la prise de ***** et Marcel s’est sevré progressivement et naturellement début décembre.
L’écho du premier trimestre était parfaite, on a appris que l’on attendait probablement une petite fille, que l’on a appelée Liv. La clarté nuccale était de 2,5mm, la limite haute, l’échographiste nous a dit que nous devrions probablement faire le DPNI compte tenu de cette valeur et de mon âge (37 ans) mais qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter.
Nous avions toujours en tête l’attente des résultats du tri-test pour être pleinement rassurés mais nous nous sommes autorisés à nous réjouir, à nous projeter. Nous avons choisi 2 marraines pour notre petite.
Le 16 décembre, ma médecin-gynécologue libérale (géniale) m’a appelée pour me communiquer les résultats du tri-test avec un risque très élevé de trisomie 21, de 1/14. Ça a été un choc. Je me suis effondrée, mon conjoint, Dom, a quitté son boulot pour me rejoindre et nous sommes dans la foulée allés faire la prise de sang pour le DPNI et prendre rdv pour l’amniocentèse 2 semaines plus tard à l’hôpital. Les délais étaient plus longs avec les fêtes.
Le 23 décembre, nous étions dans la famille de Dom pour Noël, très stressés, mais plutôt « confiants », d’autant plus qu’autour de nous tout le monde nous disait « 13 chances sur 14 que tout aille bien » donc nous nous raccrochions à cet espoir. Ma médecin m’a appelée pour m’annoncer que le DPNI était positif pour la trisomie 21. Ce fut brutal, violent, nous nous sommes effondrés, et avons décidé de rentrer le soir même chez nous à Annecy pour nous retrouver tous les 3. Pour réfléchir seuls à ce que nous déciderions de « choisir ».
Ça a été extrêmement difficile (et ça l’est encore). Nous avons envisagé de garder Liv, ou d’interrompre la grossesse. Après des jours à nous documenter, regarder des reportages (merci aux recommandations faites sur ce forum qui nous ont aidés à cheminer), discuter avec des parents d’enfants trisomiques, des accompagnants, des soignants, après avoir discuté avec des femmes ayant vécu une situation similaire, nous avons finalement fait le terrible « non-choix » d’interrompre la grossesse.
L’amniocentèse a eu lieu le 29 décembre, avec une gynécologue sèche, froide, sans empathie. Notre sage-femme libérale s’est rendue à l’hôpital pour que notre futur suivi se fasse avec une de ses collègues bienveillante … 1 semaine après, la trisomie a été confirmée (nous n’avions aucun espoir) et l’IMG a été programmée vendredi 9 décembre.
Nous avons chacun écrit une lettre à Liv. Nous lui avions apporté un lange tout doux, un petit doudou (nous en avons pris un second pour nous), et l’une de ses marraines lui a tricoté une jolie petite couverture.
Je la sentais bouger dans mon ventre depuis plusieurs semaines. Marcel a voulu téter il y a quelques jours, et je sentais sa sœur bouger, c’était un beau moment. Nous avons beaucoup parlé à Liv pendant les jours précédents, Dom la sentait. Nous avons essayé de « profiter » de doux derniers moments avec elle.
Le jeudi 8 décembre matin nous avons rencontré une sage-femme à l’hôpital qui nous a expliqué le déroulé de la journée du lendemain, nous nous étions beaucoup renseignés, notamment grâce à la page Petite Émilie et ce forum, et heureusement, car nous avons trouvé ça dur de ne connaître le déroulé et les possibilités pour l’après, seulement la veille de l’accouchement. J’ai pris le comprimé pour faire maturer le col pendant le rdv.
L’après-midi, nous avons amené Marcel chez ma sœur, et avons dormi chez elle pour ne lui laisser Marcel « que » 2 nuits, nous l’avions laissé une seule première nuit la semaine précédente, la veille de l’amniocentèse, pour la première fois depuis sa naissance. Ça s’est bien passé pour lui.
L’accouchement s’est plutôt bien passé. J’ai eu des contractions non douloureuses toute la matinée, qui se sont intensifiées dans l’après-midi, la péridurale a été posée à 17h et Liv est née à 19h40 en quelques secondes… J’ai eu des baisses de tension importantes et une révision utérine.
Liv est née vivante. Elle a tout de suite été en peau à peau sur moi, et sur Dom pendant mes chutes de tension. Elle avait l’air apaisée. Nous l’avons trouvée très belle et sommes heureux d’avoir pu la rencontrer et l’accompagner. Nous avons pris quelques photos pour se souvenir d’elle et de cette belle rencontre malgré tout. Elle s’est éteinte dans nos bras 3h30 plus tard. Nous l’avons délicatement installée dans son petit lange, contre son doudou, enveloppée dans la petite couverture, et avons mis nos lettres avec elle. Nous l’avons revue le lendemain, et lui avons dit au revoir. Elle nous a été amenée dans la salle d’accouchement nature dans laquelle j’avais accouché de Marcel 2 ans plus tôt. Nous étions très émus.
La crémation aura lieu demain matin, nous avons choisi d’y aller seuls. Ce sera un moment de recueillement, nous apporterons des fleurs, et avons fait une petite playlist des musiques de l’accouchement. Nous pleurons dès nous entendons la musique du moment de l’accouchement. (Et pleurons énormément, chaque jour…).
Liv me manque énormément. Je suis extrêmement triste. Je me sens vide. Je repense beaucoup à la grossesse, à l’accouchement, à Liv, à tout ce que nous avions projeté avec elle. Je pense aussi à tout ce qu’elle ne verra jamais (la neige par exemple, son frère …). J’y pense tout le temps en fait. Dom est très triste, et très en colère. Nous nous soutenons l’un l’autre comme nous le pouvons. Être avec Marcel nous fait beaucoup de bien même s’il nous voit très tristes et s’inquiète pour nous. On lui a expliqué mais il n’a pas vraiment compris. Il dit souvent « maman bobo », « pas taper maman »… et vient nous faire des câlins et bisous quand il voit que l’on n’est pas biens.
La seconde marraine de Liv nous a proposé de planter un arbre dans son jardin (nous vivons en appartement), nous avons été touchés et le feront lors de notre prochaine venue chez elle.
Nous avons eu les résultats du caryotype de Liv qui présentait une trisomie 21 libre et homogène. Comme j’ai fait plusieurs fausses couches avant cette grossesse nos caryotypes vont également être faits prochainement.
Voilà pour notre petite histoire. Vos témoignages nous ont beaucoup aidés / m’aident encore beaucoup, et j’aurai plaisir à échanger avec vous. N’hésitez pas à m’écrire.
Je vous embrasse toutes et tous bien fort et vous souhaite beaucoup de courage dans ce que vous traversez.
Hier soir Dom me disait : « qu’est-ce qu’on aimait faire, avant ? » car tout nous semble tellement fade, terne, triste. Pour le moment seuls les moments de rire avec Marcel nous sortent temporairement de notre immense tristesse.
De mon côté j’ai besoin d’être dehors. On essaie d’aller se balader en montagne à la neige, ou au bord du lac, chaque jour.
Je vous envoie beaucoup de douceur.
Perrine
Je vous lis depuis quelques semaines. Vos témoignages m’ont déjà beaucoup aidée. Je vous remercie pour vos partages, si durs, mais qui donnent aussi parfois de l’espoir dans ces moments si difficiles.
Je suis maman d’un merveilleux petit garçon de 2 ans, Marcel. En mars 2025 on s’est décidés à essayer d’avoir un second enfant. J’ai fait une fausse couche précoce (après seulement quelques jours). Puis, je suis de nouveau tombée enceinte, et j’ai fait une grossesse extra-utérine, qui s’est terminée en juin.
Nous nous sommes mariés début juillet, c’était un merveilleux moment après ces mois très difficiles.
Je suis de nouveau tombée enceinte en août et ai fait une fausse couche à 9SA.
Je suis tombée enceinte dans la foulée, le 16 septembre 2025 (juste après la fausse couche, avant mon retour de couches).
Durant le premier trimestre de grossesse, j’ai eu des nausées jour et nuit, c’était difficile. Nous n’étions pas sereins et avions des contrôles écho toutes les 1 à 2 semaines. J’étais supplémentée en ***** car on avait suspecté un déficit qui serait à l’origine des fausses couches. J’allaitais toujours Marcel, mais ma lactation a chuté avec la prise de ***** et Marcel s’est sevré progressivement et naturellement début décembre.
L’écho du premier trimestre était parfaite, on a appris que l’on attendait probablement une petite fille, que l’on a appelée Liv. La clarté nuccale était de 2,5mm, la limite haute, l’échographiste nous a dit que nous devrions probablement faire le DPNI compte tenu de cette valeur et de mon âge (37 ans) mais qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter.
Nous avions toujours en tête l’attente des résultats du tri-test pour être pleinement rassurés mais nous nous sommes autorisés à nous réjouir, à nous projeter. Nous avons choisi 2 marraines pour notre petite.
Le 16 décembre, ma médecin-gynécologue libérale (géniale) m’a appelée pour me communiquer les résultats du tri-test avec un risque très élevé de trisomie 21, de 1/14. Ça a été un choc. Je me suis effondrée, mon conjoint, Dom, a quitté son boulot pour me rejoindre et nous sommes dans la foulée allés faire la prise de sang pour le DPNI et prendre rdv pour l’amniocentèse 2 semaines plus tard à l’hôpital. Les délais étaient plus longs avec les fêtes.
Le 23 décembre, nous étions dans la famille de Dom pour Noël, très stressés, mais plutôt « confiants », d’autant plus qu’autour de nous tout le monde nous disait « 13 chances sur 14 que tout aille bien » donc nous nous raccrochions à cet espoir. Ma médecin m’a appelée pour m’annoncer que le DPNI était positif pour la trisomie 21. Ce fut brutal, violent, nous nous sommes effondrés, et avons décidé de rentrer le soir même chez nous à Annecy pour nous retrouver tous les 3. Pour réfléchir seuls à ce que nous déciderions de « choisir ».
Ça a été extrêmement difficile (et ça l’est encore). Nous avons envisagé de garder Liv, ou d’interrompre la grossesse. Après des jours à nous documenter, regarder des reportages (merci aux recommandations faites sur ce forum qui nous ont aidés à cheminer), discuter avec des parents d’enfants trisomiques, des accompagnants, des soignants, après avoir discuté avec des femmes ayant vécu une situation similaire, nous avons finalement fait le terrible « non-choix » d’interrompre la grossesse.
L’amniocentèse a eu lieu le 29 décembre, avec une gynécologue sèche, froide, sans empathie. Notre sage-femme libérale s’est rendue à l’hôpital pour que notre futur suivi se fasse avec une de ses collègues bienveillante … 1 semaine après, la trisomie a été confirmée (nous n’avions aucun espoir) et l’IMG a été programmée vendredi 9 décembre.
Nous avons chacun écrit une lettre à Liv. Nous lui avions apporté un lange tout doux, un petit doudou (nous en avons pris un second pour nous), et l’une de ses marraines lui a tricoté une jolie petite couverture.
Je la sentais bouger dans mon ventre depuis plusieurs semaines. Marcel a voulu téter il y a quelques jours, et je sentais sa sœur bouger, c’était un beau moment. Nous avons beaucoup parlé à Liv pendant les jours précédents, Dom la sentait. Nous avons essayé de « profiter » de doux derniers moments avec elle.
Le jeudi 8 décembre matin nous avons rencontré une sage-femme à l’hôpital qui nous a expliqué le déroulé de la journée du lendemain, nous nous étions beaucoup renseignés, notamment grâce à la page Petite Émilie et ce forum, et heureusement, car nous avons trouvé ça dur de ne connaître le déroulé et les possibilités pour l’après, seulement la veille de l’accouchement. J’ai pris le comprimé pour faire maturer le col pendant le rdv.
L’après-midi, nous avons amené Marcel chez ma sœur, et avons dormi chez elle pour ne lui laisser Marcel « que » 2 nuits, nous l’avions laissé une seule première nuit la semaine précédente, la veille de l’amniocentèse, pour la première fois depuis sa naissance. Ça s’est bien passé pour lui.
L’accouchement s’est plutôt bien passé. J’ai eu des contractions non douloureuses toute la matinée, qui se sont intensifiées dans l’après-midi, la péridurale a été posée à 17h et Liv est née à 19h40 en quelques secondes… J’ai eu des baisses de tension importantes et une révision utérine.
Liv est née vivante. Elle a tout de suite été en peau à peau sur moi, et sur Dom pendant mes chutes de tension. Elle avait l’air apaisée. Nous l’avons trouvée très belle et sommes heureux d’avoir pu la rencontrer et l’accompagner. Nous avons pris quelques photos pour se souvenir d’elle et de cette belle rencontre malgré tout. Elle s’est éteinte dans nos bras 3h30 plus tard. Nous l’avons délicatement installée dans son petit lange, contre son doudou, enveloppée dans la petite couverture, et avons mis nos lettres avec elle. Nous l’avons revue le lendemain, et lui avons dit au revoir. Elle nous a été amenée dans la salle d’accouchement nature dans laquelle j’avais accouché de Marcel 2 ans plus tôt. Nous étions très émus.
La crémation aura lieu demain matin, nous avons choisi d’y aller seuls. Ce sera un moment de recueillement, nous apporterons des fleurs, et avons fait une petite playlist des musiques de l’accouchement. Nous pleurons dès nous entendons la musique du moment de l’accouchement. (Et pleurons énormément, chaque jour…).
Liv me manque énormément. Je suis extrêmement triste. Je me sens vide. Je repense beaucoup à la grossesse, à l’accouchement, à Liv, à tout ce que nous avions projeté avec elle. Je pense aussi à tout ce qu’elle ne verra jamais (la neige par exemple, son frère …). J’y pense tout le temps en fait. Dom est très triste, et très en colère. Nous nous soutenons l’un l’autre comme nous le pouvons. Être avec Marcel nous fait beaucoup de bien même s’il nous voit très tristes et s’inquiète pour nous. On lui a expliqué mais il n’a pas vraiment compris. Il dit souvent « maman bobo », « pas taper maman »… et vient nous faire des câlins et bisous quand il voit que l’on n’est pas biens.
La seconde marraine de Liv nous a proposé de planter un arbre dans son jardin (nous vivons en appartement), nous avons été touchés et le feront lors de notre prochaine venue chez elle.
Nous avons eu les résultats du caryotype de Liv qui présentait une trisomie 21 libre et homogène. Comme j’ai fait plusieurs fausses couches avant cette grossesse nos caryotypes vont également être faits prochainement.
Voilà pour notre petite histoire. Vos témoignages nous ont beaucoup aidés / m’aident encore beaucoup, et j’aurai plaisir à échanger avec vous. N’hésitez pas à m’écrire.
Je vous embrasse toutes et tous bien fort et vous souhaite beaucoup de courage dans ce que vous traversez.
Hier soir Dom me disait : « qu’est-ce qu’on aimait faire, avant ? » car tout nous semble tellement fade, terne, triste. Pour le moment seuls les moments de rire avec Marcel nous sortent temporairement de notre immense tristesse.
De mon côté j’ai besoin d’être dehors. On essaie d’aller se balader en montagne à la neige, ou au bord du lac, chaque jour.
Je vous envoie beaucoup de douceur.
Perrine