IMG 19SA pour trisomie 21
Posté : 09 janvier 2026, 19:03
Bonjour à tous,
Je viens ici vous raconter notre histoire et, à mon tour, tenter d’apporter un peu de réconfort aux couples, aux mamans qui traversent cette épreuve si douloureuse, comme j’ai pu en trouver moi-même sur ce forum.
Il s’agissait de ma première grossesse.
Après une échographie du premier trimestre parfaite, le tri-test est revenu deux semaines plus tard avec un risque intermédiaire de 1/138. Nous avons accusé le coup, mais avec une clarté nucale à 1,9, un bébé bien formé, nous étions à la fois très anxieux et pleins d’espoir. Après tout, c’était 137 chances sur 138 que tout aille bien.
Étant classée en risque intermédiaire, j’ai réalisé le DPNI. Le 15 décembre, le résultat tombe : positif pour la trisomie 21. Notre monde s’est écroulé.
À ce moment-là, je voulais que tout aille vite. Retomber enceinte rapidement. Faire comme si cette grossesse n’avait été qu’un accident, quelque chose à effacer pour recommencer. Je me renseigne alors sur le déroulé d’une IMG… et là, l’effroi. À 16 SA, je vais devoir accoucher par voie basse. Je ne serai pas endormie. Moi qui voulais que tout se fasse vite, que je sois inconsciente, que tout s’efface… je comprends que cela va être difficile. J’essaie d’accepter, mais je suis terrifiée.
Le 17 décembre, je vois ma sage-femme et lui confie ma plus grande peur : commencer à sentir mon bébé bouger. Elle me répond alors quelque chose de très juste, qui a profondément changé ma perception des choses :
« Cet enfant existe. Il est là, quoi que vous fassiez. Il a grandi et grandit encore en vous. Il fait partie de votre histoire. »
À partir de là, je n’avais plus qu’une option : l’accepter.
Et je vous assure que cela enlève un poids immense.
Le 18 décembre, je passe l’amniocentèse. J’avais une peur immense de cet examen… et finalement, tout s’est très bien passé. Cela ne fait absolument pas mal. Les prises de sang sont bien plus douloureuses. J’ai seulement ressenti un petit « choc » au moment où l’aiguille traverse l’utérus. Bébé, lui, ne s’est absolument rendu compte de rien.
Puis vient l’attente des résultats. Je crois que c’est l’une des choses les plus difficiles dans tout ce parcours : cette vie mise sur pause, ces journées interminables, ces vagues de chagrin qui emportent tout sur leur passage.
Et un soir… je sens de petites bulles, qui me font sursauter. Ça y est, je commence à sentir mon bébé bouger. Je suis à la fois fascinée et anéantie. Anéantie à l’idée que je vais bientôt devoir lui dire au revoir. Mon ventre, que j’attendais tant, s’est enfin arrondi. Je commence à lui parler, à lui dire que je l’aime, que je suis désolée de ce qui arrive.
Je me prépare mentalement à l’IMG. Je lis beaucoup de témoignages ici, et j’apprends que nous allons devoir faire des choix : lui donner un prénom, le voir… À ce stade, je ne souhaitais pas le voir. Avoir des empreintes, oui. Mais le voir, non. J’avais trop peur.
Le 26 décembre, je rencontre l’obstétricienne. Elle a les résultats : ils confirment la trisomie 21 de notre bébé.
Le 30 décembre, notre dossier passe en commission. L’IMG est acceptée. Tout s’enchaîne très vite.
Mon dossier est transféré à la maternité de ma ville. Nous rencontrons Corinne, une sage-femme d’une grande douceur, qui nous explique tout en détail, me prescrit les examens nécessaires, répond à nos questions. J’ose lui demander le sexe de notre bébé : c’est un petit garçon. Je recommence à pleurer. Nous espérions tellement un petit garçon.
Les dates sont posées :
– le 2 janvier, rendez-vous avec l’anesthésiste, la pédiatre et l’obstétricienne. Je rencontre aussi une psychologue ce jour-là, ce qui m’a fait énormément de bien.
– le 3 janvier, je prends les trois comprimés à l’hôpital pour préparer le col de l’utérus.
– le 5 janvier, je suis hospitalisée pour l’IMG.
Les discours sur la durée de l’IMG sont très différents : l’anesthésiste nous dit que ce sera rapide, le sage-femme qui me donne les comprimés préparant le col m’explique que le travail peut se déclencher rapidement avec ces derniers, tandis que Corinne et l’obstétricienne nous préviennent que cela peut être très long.
(Spoiler alert : ça a été très, très long.)
Je profite des derniers instants avec mon bébé. Puis nous rentrons à l’hôpital à 9h. Je suis installée en salle d’accouchement à 10h, et j’y resterai jusqu’à la fin. Une salle à l’écart, pour nous éviter d’entendre les cris des bébés. Nous sommes profondément reconnaissants de cette attention.
La péridurale est posée à 11h, avant la prise du premier comprimé qui déclenche le travail. J’ai une péridurale ambulatoire, ce qui me permet encore de marcher. Je ressens les contractions, mais sans douleur.
Deuxième comprimé à 14h.
Troisième à 17h… l’attente devient très longue.
Je suis toujours à 3 mg/h de péridurale. Vers 22h, les contractions deviennent plus fortes. L’anesthésiste augmente alors la dose à 6 mg/h. Je sens encore mes jambes, mais la douleur disparaît. Je ressens surtout une forte pression dans le bas de mon ventre : bébé est là, mais mon col n’est ouvert qu’à un doigt. Il faut encore attendre.
À 00h55, je le sens passer d’un coup. Il est là, dans ma culotte. Je panique. Le sage-femme arrive et m’explique que ce que je sens, c’est la poche des eaux avec bébé à l’intérieur. Il me dit que je vais devoir l’aider à sortir. Je pousse. Cinq minutes plus tard, il est là.
Ce moment est d’une intensité indescriptible. Mon compagnon est présent, me couvre d’amour. Les sages-femmes sont d’une bienveillance infinie. Paradoxalement, ce moment est rempli de douceur et d’amour.
Notre Marin est né à 1h05, après 13 heures de travail.
Les sages-femmes l’emmènent dans une pièce à côté. Il est préparé, pris en photo, ses empreintes sont réalisées. Ensuite, je dois encore pousser pour expulser le placenta.
Très vite, le besoin de voir mon fils devient presque viscéral. Je demande à la sage-femme comment il est. Elle me l’explique, et je décide alors de le voir. Je le porte pendant plus d’une heure. Il arrive emmitouflé dans un petit nid d’ange tricoté par une association. Je lui donne son doudou, je lui répète que je l’aime, que je suis désolée.
Mon conjoint, qui ne souhaitait pas le voir au départ, décide finalement de le voir lui aussi. Rapidement, mais il le voit.
Nous restons là, tous les trois, dans un moment suspendu.
Moi qui avais si peur d’accoucher par voie basse, de devoir pousser… le fait d’avoir été active, de l’avoir senti, m’a finalement permis de comprendre que c’était la meilleure chose pour entamer mon deuil. J’ai été actrice de cet accouchement, et cela m’a profondément aidée dans cette douleur immense. J’ai accompagné mon fils jusqu’au bout. Le voir était finalement totalement naturel. Je ne regrette absolument pas.
Je monte en chambre vers 4h30. Je peux manger, mais je dors très peu.
Je rentre à la maison le mercredi 7 janvier. Et finalement, c’est cela qui a été le plus dur : rentrer à la maternité à deux et demi, et en sortir à deux.
Aujourd’hui, notre deuil ne fait que commencer. Il y aura encore des jours très difficiles, des moments de creux, et sans doute aussi des instants plus apaisés. Mais malgré la douleur, nos cœurs sont remplis d’amour.
Marin a existé, il a été aimé, et il continuera de l’être.
Nous avons rassemblé dans une boîte tous les souvenirs de cette grossesse et de notre fils : le journal que j’avais commencé à écrire, le test de grossesse, les échographies, les photos, ses empreintes, son petit bracelet…
Nous attendons désormais le caryotype complet de Marin pour pouvoir nous projeter vers la suite, quand nous serons prêts.
Si ce témoignage peut apporter ne serait-ce qu’un peu de réconfort à celles et ceux qui traversent cette épreuve, alors ces mots auront trouvé leur place.
Je terminerai par cette phrase que l’on m’a dite et qui résonne profondément en nous :
« Rien de ce qui vous était destiné n’a disparu. L’amour est toujours là, il circule simplement autrement. »
Je viens ici vous raconter notre histoire et, à mon tour, tenter d’apporter un peu de réconfort aux couples, aux mamans qui traversent cette épreuve si douloureuse, comme j’ai pu en trouver moi-même sur ce forum.
Il s’agissait de ma première grossesse.
Après une échographie du premier trimestre parfaite, le tri-test est revenu deux semaines plus tard avec un risque intermédiaire de 1/138. Nous avons accusé le coup, mais avec une clarté nucale à 1,9, un bébé bien formé, nous étions à la fois très anxieux et pleins d’espoir. Après tout, c’était 137 chances sur 138 que tout aille bien.
Étant classée en risque intermédiaire, j’ai réalisé le DPNI. Le 15 décembre, le résultat tombe : positif pour la trisomie 21. Notre monde s’est écroulé.
À ce moment-là, je voulais que tout aille vite. Retomber enceinte rapidement. Faire comme si cette grossesse n’avait été qu’un accident, quelque chose à effacer pour recommencer. Je me renseigne alors sur le déroulé d’une IMG… et là, l’effroi. À 16 SA, je vais devoir accoucher par voie basse. Je ne serai pas endormie. Moi qui voulais que tout se fasse vite, que je sois inconsciente, que tout s’efface… je comprends que cela va être difficile. J’essaie d’accepter, mais je suis terrifiée.
Le 17 décembre, je vois ma sage-femme et lui confie ma plus grande peur : commencer à sentir mon bébé bouger. Elle me répond alors quelque chose de très juste, qui a profondément changé ma perception des choses :
« Cet enfant existe. Il est là, quoi que vous fassiez. Il a grandi et grandit encore en vous. Il fait partie de votre histoire. »
À partir de là, je n’avais plus qu’une option : l’accepter.
Et je vous assure que cela enlève un poids immense.
Le 18 décembre, je passe l’amniocentèse. J’avais une peur immense de cet examen… et finalement, tout s’est très bien passé. Cela ne fait absolument pas mal. Les prises de sang sont bien plus douloureuses. J’ai seulement ressenti un petit « choc » au moment où l’aiguille traverse l’utérus. Bébé, lui, ne s’est absolument rendu compte de rien.
Puis vient l’attente des résultats. Je crois que c’est l’une des choses les plus difficiles dans tout ce parcours : cette vie mise sur pause, ces journées interminables, ces vagues de chagrin qui emportent tout sur leur passage.
Et un soir… je sens de petites bulles, qui me font sursauter. Ça y est, je commence à sentir mon bébé bouger. Je suis à la fois fascinée et anéantie. Anéantie à l’idée que je vais bientôt devoir lui dire au revoir. Mon ventre, que j’attendais tant, s’est enfin arrondi. Je commence à lui parler, à lui dire que je l’aime, que je suis désolée de ce qui arrive.
Je me prépare mentalement à l’IMG. Je lis beaucoup de témoignages ici, et j’apprends que nous allons devoir faire des choix : lui donner un prénom, le voir… À ce stade, je ne souhaitais pas le voir. Avoir des empreintes, oui. Mais le voir, non. J’avais trop peur.
Le 26 décembre, je rencontre l’obstétricienne. Elle a les résultats : ils confirment la trisomie 21 de notre bébé.
Le 30 décembre, notre dossier passe en commission. L’IMG est acceptée. Tout s’enchaîne très vite.
Mon dossier est transféré à la maternité de ma ville. Nous rencontrons Corinne, une sage-femme d’une grande douceur, qui nous explique tout en détail, me prescrit les examens nécessaires, répond à nos questions. J’ose lui demander le sexe de notre bébé : c’est un petit garçon. Je recommence à pleurer. Nous espérions tellement un petit garçon.
Les dates sont posées :
– le 2 janvier, rendez-vous avec l’anesthésiste, la pédiatre et l’obstétricienne. Je rencontre aussi une psychologue ce jour-là, ce qui m’a fait énormément de bien.
– le 3 janvier, je prends les trois comprimés à l’hôpital pour préparer le col de l’utérus.
– le 5 janvier, je suis hospitalisée pour l’IMG.
Les discours sur la durée de l’IMG sont très différents : l’anesthésiste nous dit que ce sera rapide, le sage-femme qui me donne les comprimés préparant le col m’explique que le travail peut se déclencher rapidement avec ces derniers, tandis que Corinne et l’obstétricienne nous préviennent que cela peut être très long.
(Spoiler alert : ça a été très, très long.)
Je profite des derniers instants avec mon bébé. Puis nous rentrons à l’hôpital à 9h. Je suis installée en salle d’accouchement à 10h, et j’y resterai jusqu’à la fin. Une salle à l’écart, pour nous éviter d’entendre les cris des bébés. Nous sommes profondément reconnaissants de cette attention.
La péridurale est posée à 11h, avant la prise du premier comprimé qui déclenche le travail. J’ai une péridurale ambulatoire, ce qui me permet encore de marcher. Je ressens les contractions, mais sans douleur.
Deuxième comprimé à 14h.
Troisième à 17h… l’attente devient très longue.
Je suis toujours à 3 mg/h de péridurale. Vers 22h, les contractions deviennent plus fortes. L’anesthésiste augmente alors la dose à 6 mg/h. Je sens encore mes jambes, mais la douleur disparaît. Je ressens surtout une forte pression dans le bas de mon ventre : bébé est là, mais mon col n’est ouvert qu’à un doigt. Il faut encore attendre.
À 00h55, je le sens passer d’un coup. Il est là, dans ma culotte. Je panique. Le sage-femme arrive et m’explique que ce que je sens, c’est la poche des eaux avec bébé à l’intérieur. Il me dit que je vais devoir l’aider à sortir. Je pousse. Cinq minutes plus tard, il est là.
Ce moment est d’une intensité indescriptible. Mon compagnon est présent, me couvre d’amour. Les sages-femmes sont d’une bienveillance infinie. Paradoxalement, ce moment est rempli de douceur et d’amour.
Notre Marin est né à 1h05, après 13 heures de travail.
Les sages-femmes l’emmènent dans une pièce à côté. Il est préparé, pris en photo, ses empreintes sont réalisées. Ensuite, je dois encore pousser pour expulser le placenta.
Très vite, le besoin de voir mon fils devient presque viscéral. Je demande à la sage-femme comment il est. Elle me l’explique, et je décide alors de le voir. Je le porte pendant plus d’une heure. Il arrive emmitouflé dans un petit nid d’ange tricoté par une association. Je lui donne son doudou, je lui répète que je l’aime, que je suis désolée.
Mon conjoint, qui ne souhaitait pas le voir au départ, décide finalement de le voir lui aussi. Rapidement, mais il le voit.
Nous restons là, tous les trois, dans un moment suspendu.
Moi qui avais si peur d’accoucher par voie basse, de devoir pousser… le fait d’avoir été active, de l’avoir senti, m’a finalement permis de comprendre que c’était la meilleure chose pour entamer mon deuil. J’ai été actrice de cet accouchement, et cela m’a profondément aidée dans cette douleur immense. J’ai accompagné mon fils jusqu’au bout. Le voir était finalement totalement naturel. Je ne regrette absolument pas.
Je monte en chambre vers 4h30. Je peux manger, mais je dors très peu.
Je rentre à la maison le mercredi 7 janvier. Et finalement, c’est cela qui a été le plus dur : rentrer à la maternité à deux et demi, et en sortir à deux.
Aujourd’hui, notre deuil ne fait que commencer. Il y aura encore des jours très difficiles, des moments de creux, et sans doute aussi des instants plus apaisés. Mais malgré la douleur, nos cœurs sont remplis d’amour.
Marin a existé, il a été aimé, et il continuera de l’être.
Nous avons rassemblé dans une boîte tous les souvenirs de cette grossesse et de notre fils : le journal que j’avais commencé à écrire, le test de grossesse, les échographies, les photos, ses empreintes, son petit bracelet…
Nous attendons désormais le caryotype complet de Marin pour pouvoir nous projeter vers la suite, quand nous serons prêts.
Si ce témoignage peut apporter ne serait-ce qu’un peu de réconfort à celles et ceux qui traversent cette épreuve, alors ces mots auront trouvé leur place.
Je terminerai par cette phrase que l’on m’a dite et qui résonne profondément en nous :
« Rien de ce qui vous était destiné n’a disparu. L’amour est toujours là, il circule simplement autrement. »