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Re: Les sénateurs ont voté contre le DPI-A. C'est moi qui en paie le prix.

Posté : 21 mai 2026, 22:08
par Pépin
Bonsoir MinetteBleue,

Il faut toujours faire en fonction de tes forces et de tes besoins. Si tu ne te sens pas de rencontrer ton bébé, rien ne t'y oblige. Tu verras sur le moment ce que tu souhaites faire.

Si tu veux lire mon témoignage complet sur mon accouchement, l'avant et l'après, j'ai témoigné ici : viewtopic.php?t=4544 . J'explique mon accouchement à la page 3.

Ma fille est née à 8h06. J'ai pu aller en chambre vers 11h. On m'a proposé de rester jusqu'au lendemain, mais j'ai refusé. Je ne pouvais pas rester dans une chambre de la maternité. C'était trop difficile. Je suis donc rentrée chez moi dans l'après-midi.

Ma gynécologue m'avait proposé 3 semaines d'arrêt. Je pouvais demander à prolonger si je le souhaitais. J'ai finalement recommencé en télétravail. Mon équipe était au courant de tout. J'ai été bien soutenue. J'ai reçu des lettres, des petits mots, des fleurs...

J'espère de tout cœur que ton témoignage pèsera dans la balance et aidera à faire pencher la balance pour que d'autres parents ne vivent plus de drame semblable.

Tu n'as pas à être forte. Tu dois faire comme tu le ressens, avec tes besoins du moment.

J'ai moi aussi toujours détesté qu'on me dise que je suis forte. Je l'ai entendu des médecins, de ma manager, de ma famille... Mais non, je ne me suis jamais sentie forte. Ni lors de l'IMG, ni lors de la fausse couche. Je n'ai pas eu le choix. Je devais faire face ou me laisser sombrer.

Je t'envoie plein de douceur dans cette période si compliquée.

Re: Les sénateurs ont voté contre le DPI-A. C'est moi qui en paie le prix.

Posté : 22 mai 2026, 02:48
par melcaran
Bonsoir MinetteBleue,

Je suis tellement désolée de lire ta souffrance. Je partage ta douleur et ton incompréhension tout autant que ta colère. Les parlementaires auraient pu/du nous éviter cette épreuve sans nom et comme toi j'éprouve ce besoin de me battre pour que le DPIA soit ENFIN autorisé en France. J'espère que nos témoignages aideront à faire changer les choses...

Prends soin de toi, fais ce que tu peux, quand et comme tu le peux.

Pour ma pars j'ai chéri les jours qui ont précédé l'IMG, j'en garde de tristes mais de beaux souvenirs. De mon côté l'accouchement de mon fils a été très rapide : 1er cachet à 7h, naissance à 9h, et à 11h on était remonté dans en chambre. La péridurale n'a pas fonctionnée mais 4 ans plus tard je retiens la douceur de cette rencontre, j'ai fait faire une illustration à partir d'un photo, elle est superbe. Mon mari n'a pas souhaité le voir et il ne regrette rien. Pour notre petite jumelle née en 2025, j'ai aussi eu besoin de la voir et de la prendre dans mes bras, l'équipe à respecter le choix de mon mari, et comme 3 ans plutôt il est sorti pour que je puisse profiter de ce moment. Idem il ne le regrette pas. On réagit bien chacune et chacun comme on peut, zéro obligation.

Force et courage,
Douce pensée à tous nos trésors partis trop tôt ✨

Re: Les sénateurs ont voté contre le DPI-A. C'est moi qui en paie le prix.

Posté : 22 mai 2026, 13:25
par Fraise
@MinetteBleue
Comme l'ont très bien dis toutes les autres personnes qui t'ont répondu, tu n'as pas à être forte. Tu es obligée de passer par là, tu n'as pas le choix, ou tu as un faux choix qui se présente à toi. Tout ce que tu as à faire, c'est de survivre à ce moment.
Moi aussi, comme toi, on m'a dit que j'étais forte et que je devais le rester. Mais on est pas fortes, on subit, et on essaie de survivre.
Honnêtement, j'ai détesté que les professionnels de la santé me disent comment ressentir les choses, même s'ils avaient raison par moment.
Ils nous ont dit de voir le bébé, que ce serait un moment très doux : On a vu notre bébé. On ne le regrette pas du tout. Mais ce n'était pas un moment doux. C'était un moment très difficile, qu'on ne regrette pas, mais indéniablement difficile, voire même traumatisant.
Ils nous ont dit de prendre notre temps avant l'IMG : Je ne pouvais littéralement PAS prendre mon temps. Les jours étaient longs, angoissants (je n'ai jamais eu d'enfants, alors je n'ai jamais accouché, je ne savais absolument pas à quoi m'attendre pour un accouchement, seuls les témoignages ici sur ce forum m'ont apporté des indications; mais encore une fois chaque femme est différente, et les accouchements peuvent être très différents d'une femme à l'autre).
Ils nous ont dit que l'IMG s'imposait, mais jusqu'à la veille ils nous ont répété qu'il fallait être surs de notre choix. On n'est JAMAIS surs d'un choix aussi difficile. Donc j'ai détesté qu'on nous donne l'impression qu'on pouvait changer d'avis à tout moment. On avait besoin d'être rassurés dans notre choix, pas qu'on nous fasse croire que le choix s'imposait mais en même temps que tous les choix se valent.
Ils nous disent aujourd'hui de prendre le temps du deuil : Mais pour nous, accepter le deuil, c'est essayer de se projeter vers un avenir meilleur. Sinon, si nous n'avons pas de perspectives d'espoir, on perd gout à la vie, et le deuil devient pathologique. Mais cela, ils ne le comprennent pas.
Ils nous disent d'aller voir des psychologues. Sur cela, je pense qu'ils ont raison. Mais ce n'est pas du tout évident de trouver des psychologues compétents et avec qui le courant passe correctement.

Quoi qu'il arrive, tu as le droit d'être en colère. Moi, je suis encore très en colère. Ma colère s'est reportée sur le corps médical (sans en faire quoi que ce soit, je ne suis pas conflictuelle et de toute façon on a pas de suivi avec eux actuellement, donc j'ai le temps de redescendre avant de les revoir, et je sais pertinemment qu'ils nous entourent comme ils peuvent et qu'ils ne sont absolument pas responsables de nos malheurs). Toi, ta colère a le droit de se porter sur le gouvernement qui vote des lois absurdes sans être un instant conscient de ce qu'on peut vivre. Un jour, lorsque j'aurais trouvé la force de vivre correctement, je militerais pour l'autorisation des DPI pour les aneuploidies en France.

Comme toi, j'étais presque indifférente pendant les rdv médicaux. Je n'arrivais pas vraiment à parler. Le jour de l'accouchement, je n'ai quasiment pas prononcé un mot a part pour dire aux sages femmes que j'avais peur.
Mais, si cela peut te rassurer, elles ont été très très bien. Elles m'ont rassurée, étaient très présentes, et très gentilles. Et, même si la péridurale n'a pas vraiment marché, j'ai très peu souffert physiquement.
Une des sages femmes a fait des petites empreintes de notre bébé (mains et pieds), et je conserve cela comme un trésor. Même si son visage était marqué, ses mains et ses pieds étaient parfaits. Elle nous a fait une très belle carte, et je ne l'en remercierais jamais assez. Avant l'IMG, je pensais faire disparaitre tous les souvenirs de cette période, et maintenant, ces souvenirs sont ce que j'ai de plus précieux. Si j'ai un seul conseil à te donner, c'est de ne pas prendre de décision trop hâtives sur tes souvenirs (moi j'ai supprimé toutes mes photos de grossesse; heureusement, mon copain a pu les récupérer). Je ne les supportais plus, et maintenant je les regarde quasiment tous les jours. C'est un peu absurde, mais on vit quelque chose de si difficile, qu'on essaie de se protéger comme on peut, et des fois on prend des décisions qu'on peut regretter.
C'est un peu absurde, mais je ne supportais plus les mouvements de mon bébé, et maintenant je donnerais tout pour les ressentir à nouveau.

Je comprends aussi parfaitement la sensation de perte de contrôle. Comme toi, j'ai toujours été prudente sur tout dans ma vie. On a attendu une situation stable pour essayer d'avoir des enfants. J'ai pris toutes les vitamines possibles, je fais des sports d'endurance depuis toujours et j'ai continué pendant la grossesse pour rester en bonne santé malgré des nausées terribles. J'ai mangé comme il fallait, ce qu'il fallait. J'ai été hyper attentive à ne jamais attraper la toxoplasmose. Et d'un seul coup, en une échographie, tout bascule et on n'a plus aucun contrôle sur rien. On est suspendus aux appels de médecins, qui appellent quand ils sont disponibles, ils font ce qu'ils peuvent pour ne pas nous faire attendre mais on ne peut pas vivre sans être scotchés au téléphone. On dépend de résultats médicaux pour lesquels le temps d'attente est incompressible. On passe d'une posture active et de contrôle : on cherche activement à être le plus irréprochables possibles niveau santé; à une posture d'attente, d'incapacité totale de gérer comme on veut la situation. On ne contrôle pas le développement du bébé. On ne contrôle pas le moment ou on va réussir à tomber enceinte. On ne contrôle rien de rien, et c'est ce qu'il y a de plus dur dans tout ça. Bref, je ne sais pas si c'est utile, mais je comprends à 100% ton ressenti. On se sent complètement dépourvues de notre agentivité, plus rien n'est en notre contrôle, et c'est hyper hyper dur à vivre.

Quoi qu'il arrive, n'hésite pas à me contacter si tu en ressens le besoin, je peux aussi te donner mon numéro de téléphone en privé.

As tu eu ton rdv anesthésiste ?
Seras tu accompagnée lors de l'accouchement ?