Questionnement sur la prise en charge

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mel-alice
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Questionnement sur la prise en charge

Message par mel-alice »

Bonjour,

Je ne sais pas si mon message à sa place ici, est légitime.

Je ne cherche pas à accuser le corps médical qui fait probablement ce qu'il peut et selon la formation ou non reçue. J'ai eu pendant ma semaine d'hospitalisation une majorité de sages femmes, interne, brancardier et aide soignantes très doux et douces mais certaines choses m'ont heurtée.
Je sais que des sages femmes sont présents/tes ici et peut être que cela m'aidera à arrêter les questionnement constants ou à comprendre.

J'ai subi une IMG pour ma fille à 24 sa il y a un an sachant qu'aucune alternative ne nous avait été ne serais ce qu'évoqué par le cardio pédiatre, et outre la douleur de la perte de notre fille, je ne cesse de me questionner sur des moments de la prise en charge. Un an après je pense toujours régulièrement à certains moments ne sachant pas s'ils sont normaux dans une prise en charge classique.

Lors de l'intervention pour l'arrêt du cœur, la sage femme m'a demandé quelques minutes avant, si je souhaitais être tenue informée du déroulé de la procédure.
Nous avons dit oui avec mon conjoint.
Un champ a été posé entre nous et l'équipe, et plus personne ne m'a parlé/tenue informée sauf l'anesthésiste pour la prise en charge de la douleur.
Au bout d'un moment, j'ai osé demander combien de temps cela durerait pour rompre bêtement le silence et avoir une idée de ce qu'il se passait et le médecin m'a répondu "y'a pas de délai" assez sèchement. Puis deux minutes après " voilà c'est fini".
Les seuls mots du médecin ont donc été : "bonjour, je suis docteur x" à son entrée ; sa réponse à ma question peut être bête; "c'est fini". Il s'est levé, m'a dit "a tout à l'heure" et est sorti. J'ai accouché deux jours plus tard. J'ai eu l'impression de lui faire faire le sale boulot. Et dans tous les cas qu'on n'intervenait pas sur mon corps puisqu'on ne me parlait pas.

Deux jours plus tard, j'ai commencé à avoir des contractions.
Lorsqu'on m'a descendu en salle d'accouchement vers 4 ou 5 heures du matin, on m'a ausculté plusieurs fois à intervalle, pour voir l'état de mon col. Une sage femme est revenue un peu avant 7h pour me dire qu'elle allait chercher l'interne pour voir si on pouvait accélérer le travail. Elle n'est pas revenue ce que je pouvais comprendre car elle avait peut être un autre accouchement.
J'ai appelé quelques minutes après pour pouvoir boire, une autre sage femme est venue, m'a demandé si j'avais été auscultée je lui ai répondu que non pas encore. Elle m'a dit qu'elle revenait m'ausculter dans deux minutes et elle n'est jamais revenue.
Il était alors pas encore 7h du matin. A 10h du matin, toujours personne n'était revenue alors que deux sage femme devaient initialement revenir m'ausculter. Sentant que je saignais beaucoup, je me suis décidée à lever le drap et nous avons constaté avec mon conjoint quelque chose entre mes jambes. Ce n'était pas ma fille mais je n'avais aucune idée de ce que c'était. Nous avons appelé l'équipe, qui avait changé depuis et lors de leur arrivée j'ai eu l'impression que j'avais été oubliée.

J'ai accouché de ma fille le matin, nous l'avons vu. Le soir j'ai souhaité y retourner. La sage femme qui m'avait accouché nous a présenté de nouveau notre fille toujours dans son petit nid d'ange ou seul son visage était accessible. J'ai demandé si je pouvais voir autre chose que son visage, ses pieds, ses mains. La sage femme a souhaité me prévenir je pense que son corps avait déjà travaillé sachant que l'arrêt du cœur était intervenu deux jours avant (je suppose car je n'ai jamais vraiment eu d'explication donc ce n'est que ma déduction).
Il m'a dit qu'il pouvait m'accompagner si c'était important pour mon deuil mais dans la conversation il m'a dit comme s'il parlait a une collègue et non à une femme qui avait accouché 8h plus tôt " pourtant c'est resté au frigo, mais même déjà ce matin..."
"C'est" pour parler de ma fille. "Frigo".
Simplement me dire " pourtant le corps de votre fille est resté au frais mais le temps a commencé a faire son effet" cela aurait été différent. Et pourquoi pas m'expliquer si cela était du au fait que j'ai accouché deux jours après le décès de ma fille par exemple et que la chaleur de mon corps avait accélérer le processus ?
J'ai paniqué, indiqué qu'alors non je ne voulais pas être traumatisée et je n'ai vu que son visage qui était pourtant lui très beau et pas impacté.
Mais cette réaction m'a empêché de lever son bonnet et m'a bloqué toute la semaine suivante où j'aurais eu la possibilité de la voir en chambre funéraire. J'ai eu peur, qu'elle se dégrade et que je reste avec une image traumatisante. Alors chaque jour suivant j'ai fini pas renoncer d'aller la voir encore une fois. Aujourd'hui je culpabilise de ne pas l'avoir vu entièrement et surtout de l'avoir laissé seule la semaine entière suivante, sans visite.

Enfin, lors de ma sortie le lendemain, aucun rdv post accouchement ne m'a été donné. Il m'a été précisé que je serai contactée par téléphone 3 semaines après pour faire un point (comme indiqué sur la brochure donnée) mais que ce serait bien que j'aille voir ma sage femme libérale. Ok.
Lorsque j'ai eu la sage femme référente deuil périnatal des semaines après pour les photos de ma fille, j'ai vraiment eu l'impression de me faire gronder car je n'avais pas de rdv, alors que ce n'est pas mon métier de connaître la procédure. Qu'elle n'était pas vraiment d'accord pour que je prenne rdv avec ma sage femme libérale parce que c'est a l'hôpital de faire le suivi.
Je lui ai demandé comment faire dans ce cas et elle m'a répondu " bah prenez rdv avec le médecin qui vous a accouché". Je lui ai dit qu'il n'y avait pas eu de médecin, juste une sage femme et une aide soignante et on m'a répondu " c'est pas normal y'a forcément un médecin". Outre le fait qu'on me balance directement qu'à priori je n'ai pas été suivie complètement, je n'ai pas eu d'assistance ou juste de compassion pour gérer cette situation qui n'était pas de mon fait. Et donc à appeler un secrétariat pour avoir un rdv avec "n'importe qui du coup".
Dans cette conversation j'ai fini par pleurer. La réponse de la sage femme a été ensuite de me dire "pour la journée du deuil périnatal nous faisons un petit événement avec un lâcher de bulles mais je pense que vous êtes pas prête, c'est trop tôt pour vous. Peut être les années d'après." Parce que j'avais pleuré, quelques semaines après mon accouchement et suite/durant une conversation où on m'indiquait que mon accouchement et mon suivi n'avaient pas été a priori optimaux et dans les règles....

Ce sont des petites choses mais ces interactions m'ont donné l'impression d'embêter le monde, d'être le truc au fond du couloir que personne ne voulait gérer.

Encore des broutilles mais l'hôpital a fait des empreintes de ma fille. C'est gentil mais ces empreintes, la seule chose tangible que j'ai de ma fille est tachée de sang. Ça m'a peiné. Je n'ai pas l'impression de voir des tâches de sang sur les empreintes que je peux voir sur les publications de parents qui partagent leur vécu.

Lorsque j'ai bêtement demandé si les photos prises par l'hôpital était disponible le lendemain car j'habitais loin de l'hôpital en question (et l'équipe en charge m'avait dit la veille d'envoyer un mail), la référente deuil périnatal m'a répondu " les photos ne sont pas sorties du jour au lendemain. Mon activité principale est mon métier de sage-femme et je suis de garde comme mes collègues". J'ai eu l'impression d'avoir forcé les choses et m'en suis excusée bêtement alors qu'in fine rien dans mon message n'était désobligeant ou désagréable.

Lors des rdv avec la génétique qui faisait parti du suivi à la demande du cardio pédiatre et suite à l'autopsie, le médecin ne me parlait que de foetus alors que je lui parlais de ma fille.
Elle m'evoquait les tests de "la précédente grossesse" pour avoir des informations pour la future nouvelle grossesse alors que je lui avais précisé que ces rdvs étaient pour nous dans la continuité de l'accouchement de cet été, pour comprendre ce qui était arrivée à notre fille. Que nous ne cherchions pas à organiser une nouvelle grossesse.
J'ai accouché à 24 SA d'un bébé formé, qui avait un souci cardiaque. Par voie basse, un accouchement pas moins légitime qu'un autre. Et lors de ces rdv au sein du même hôpital, le service génétique me parlait de foetus, et me demandais lorsque je pleurais car le sujet est douloureux, si c'était la peur de la blouse blanche...

Nous sommes dans une situation de fragilité extrême et notre ressenti est probablement biaisé mais j'ai eu l'impression d'avoir pris des murs parfois.
Un an après j'y pense toujours autant ne sachant si mon ressenti est faussé par mes émotions ou si effectivement il y a des choses qui n'auraient pas dû être et si mes questionnements/réflexions sont légitimes.

Merci de m'avoir lu.
MrsA76
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Enregistré le : 18 juillet 2026, 19:52

Re: Questionnement sur la prise en charge

Message par MrsA76 »

Je suis désolée que vous ayez eu à vivre tout ça. J’ai une pensée pour votre ange et je vous envoie toutes mes ondes positives
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