Se reconstruire après une IMG à 37SA

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Soleil_hiver
Messages : 1
Enregistré le : 15 juillet 2026, 14:32

Se reconstruire après une IMG à 37SA

Message par Soleil_hiver »

Bonjour,

Après plusieurs mois à vous lire et à trouver informations, réconfort et apaisement grâce à ce forum, je sens qu’il est temps pour moi de partager également mon histoire.
Je n’arrive pas vraiment à en donner la raison mais je ressens le besoin d’écrire, de partager mon vécu et aussi ce qui fait que je me sens bien aujourd’hui. Peut-être ce besoin de ressentir encore et encore, que tout cela a bel et bien existé, cette grossesse, cette naissance, ce petit garçon, cette tristesse,… Ce besoin aussi d’essayer de répondre à toutes mes questions qui reviennent inlassablement et qui ne trouveront peut-être réponse que dans le temps qui passe, dans la vie qui continue.

Je suis maman d’un petit garçon plein de vie, qui remplit notre existence de rires et de bonheur chaque jour. Je suis également maman d’un merveilleux petit bébé, décédé il y a quelques mois suite à une IMG en toute fin de grossesse. Et c’est grâce à lui que j’écris aujourd’hui.

Je tombe enceinte l'an dernier et toute ma grossesse se déroule très bien. Jusqu'à l’échographie T3, où notre monde bascule lorsque des anomalies sont détectées au niveau du cœur de notre bébé. S’ensuit le parcours que beaucoup d’entre vous connaissent malheureusement, rendez-vous au CPDPN, échographie de contrôle et la confirmation qu’il y a une très forte probabilité que notre bébé soit atteint d’une maladie génétique grave.
Le monde entier s’effondre. Cette maladie étant particulièrement grave et incurable (de nombreuses crises d'épilepsie, des troubles du développement allant de la déficience mentale légère à une absence d'autonomie dans certains cas, maladies psychiques,...), le gynécologue nous parle rapidement de l’IMG même si le pronostic vital de notre bébé n’est pas engagé. Je suis à 33 SA. J’ai très peur d’accoucher sans avoir fait tous les examens nécessaires, sans avoir la possibilité de prendre une décision concernant la vie que nous souhaitons offrir à notre enfant. Grâce à une équipe médicale à l’écoute et très efficace, nous parvenons à réaliser une amniocentèse, une IRM fœtale, une échographie cardiaque, un rendez-vous avec la génétique et à lancer des analyses génétiques pour mon mari, mon bébé et moi-même en une dizaine de jours à peine. Suite à cela, nous faisons ce « non choix » dont beaucoup d’entre vous parlent, d’arrêter cette grossesse et de ne pas risquer d’offrir une vie de souffrance, de rendez-vous médicaux, de traitement sans fin à notre bébé mais aussi à notre premier enfant et à notre famille. Mais comment est-il possible de décider à presque 8 mois de grossesse de recourir à une IMG sans savoir à quel point la maladie de notre enfant serait handicapante, quels seraient ses symptômes, ses souffrances ? Encore aujourd’hui je me demande comment nous avons fait pour affronter cette décision sans sombrer.
L’IMG est programmé une dizaine de jours plus tard. Ce qui me paraissait être une durée insurmontable sera finalement une période apaisée où nous profitons au maximum de notre bébé, nous lui parlons sans cesse, nous lui faisons beaucoup de câlins (nous avons suivi un accompagnement en haptonomie) et nous lui transmettons le maximum d’amour possible.
Je rentre à l’hôpital à 37 SA, pour dire au revoir à mon tout petit. Dans notre souffrance, nous sommes accompagnés par une équipe formidable, présente et à l’écoute. Le geste d’arrêt de vie restera le moment le plus difficile, médicalement parlant ce geste n’est pas simple à ce terme de la grossesse avec un bébé de plus de 3kg. L’accouchement est ensuite assez rapide, les contractions sont fortes mais tout à fait gérables grâce à la péri. Quelques heures après, j’accouche d’un merveilleux petit garçon que je porte immédiatement sur moi pendant un long moment. C’est un moment très doux que nous partageons mon mari et moi avec notre bébé que nous avons tant aimé. Mon mari a eu cette phrase qui m’a beaucoup aidé et qui m’aide encore beaucoup maintenant : « notre fils n’aura connu que l’amour dans le ventre de sa maman, jamais de souffrances ».

La suite, bien sûr, est difficile. Mais le temps aide, c’est certain. De petites choses aussi, prises ici ou là, dont je me permets de faire la liste, en espérant qu’elles pourront vous aider comme elles m’ont aidées moi.

- Réaliser une boite à souvenirs. J’ai rassemblé tout ce qui fait partie de l'existence de mon bébé : les photos prises à la maternité, les empreintes, le doudou choisi par son grand frère (et dont j’ai gardé un double, l’autre étant parti avec lui), tous les messages et cartes envoyés par nos proches, un morceau du papier peint prévu pour sa chambre, un habit que j’avais choisi pour lui,… Il a été difficile pour moi de terminer de remplir cette boîte, j’avais l’impression que tant que j’ajoutais quelque chose, il continuait aussi de vivre. Maintenant qu’elle est terminée, il m’arrive de l’ouvrir quand j’en ressens le besoin, parfois tous les jours, parfois une fois par semaine, parfois moins.
- Avoir de petits objets au quotidien qui me font penser à lui. Une bague que j’ai gravé à son nom, un arbre que nous avons planté dans le jardin, un livre exposé dans la bibliothèque que nous avions associé à lui car le personnage principal porte son nom,… mais pas d’objets avec une trop forte charge émotionnelle comme sa photo ou son doudou qui sont eux réservés à la boite à souvenirs.
- Faire une petite carte de remerciements, une sorte de faire-part, que nous avons envoyé à nos proches. La voir accrochée dans chacune des maisons me réchauffe le cœur et me montre à quel point personne ne l’oubliera.
- Des massages, soin rebozo, etc. les premières semaines après l’accouchement.
- Me trouver un petit « signe », pour lequel j’ai l’impression que c’est mon bébé qui me fait signe quand je le rencontre. Ce peut être un papillon, un oiseau particulier, une coccinelle, une étoile fialnte,... pour moi c'est un beau coucher de soleil.
- Avoir un suivi psychologique pour raconter encore et encore ce que je ressens, mes questions,…
- Prendre du temps pour moi, même si c’est difficile avec la vie de famille. J’ai la chance d’avoir une famille à proximité pour prendre le relais de temps en temps.
- Partager au maximum autour de moi ce que j’ai vécu, comme il est important de parler de ces tout petits partis trop tôt car c’est la seule façon de les faire exister.

Cela fait presque 6 mois que j’ai dit au revoir à mon petit garçon, pas un jour, pas une heure, ne passe sans que je pense à lui. Et même si parfois des vagues de tristesse reviennent, la plupart du temps c’est un sentiment doux et apaisée. Je mesure la chance que j’ai d’en être là après cette épreuve.

Maintenant je m’interroge sur la suite à plus long terme. Je ne veux pas faire le deuil d’avoir un autre enfant vivant. Je ressens le besoin, presque viscéral, d’être à nouveau enceinte. Mais en même temps je ne me sens pas prête à affronter une nouvelle grossesse tout de suite, les nausées, l’inquiétude qui, je le sais, sera là jusqu’au bout. La peur aussi de faire d'un nouvel enfant un “remplacant” et qu'il ne se sente pas pleinement à sa place dans notre famille…
Je me demande aussi : comment parler de notre bébé à des inconnus qui demandent innocemment « vous avez combien d’enfants ? » ? Si vous avez des conseils, je serais ravie de partager vos expériences.

Merci d’avoir pris le temps de me lire.

Toutes mes pensées vers nos tout petits, et tout mon courage de maman pour ce long chemin de reconstruction.

S.
Christ95
Messages : 31
Enregistré le : 15 avril 2026, 19:38

Re: Se reconstruire après une IMG à 37SA

Message par Christ95 »

Bonjour Soleil_hiver,

Je suis désolée de t’accueillir ici, et désolée pour la perte douloureuse que tu as traversé.
Douces pensées pour ton bébé…

Même si notre histoire n’est pas similaire dans un sens, mais j’ai également eu une IMG 16 semaines en mars suite à une RPM. c’était douloureux à vivre, aujourd’hui ça fait 4 mois depuis j’ai perdu le mien, et il me manque tellement.

Et me voilà tombée sur ton message tellement encourageant et touchant. Je me retrouve dans tes mots et te trouve vraiment courageuse aussi.

C’est tellement difficile de dire qu’on a envie de retomber enceinte rapidement et en même temps pas prête à affronter cette nouvelle grossesse avec les angoisses et les symptômes qui suivent, il faut passer par là pour comprendre ce que tu as écrit.
Et je te comprends tellement… tu n’es pas la seule à y penser mais en même temps on mérite de se donner une seconde chance malgré nos inquiétudes…

À part mes proches qui savaient pour mon IMG je n’en ai pas trop parler, je dis à certaines personnes qui me demandent si j’ai des enfants(que j’ai malheureusement fait deux fausses couches) mais pas à tout le monde qui me pose la question, mais au fond de moi, ça me rend triste de répondre à cette question.

En tout cas j’admire ton courage, tu racontes ton expérience tout en encourageant aux autres comment y faire face.

J’ai trouvé ça touchant, et telle que tu as dit, le temps apaise la douleur. Et je te remercie pour ton beau message.

Je te souhaite un beau bébé arc en ciel en bonne santé, quand tu te sentiras prête à retomber enceinte.


As-tu fait des suivis médicaux?? Es-tu en essaie de bébé en ce moment???

Je t’envoie plein d’ondes positives!!
Prends bien soin de toi.
Xoxo…
Fausse couche par Curetage à 7s+jrs(29/07-2025)
Christian💜,RPM+IMG sans explication médicale à 16s+3jrs (15/03/2026)🕊️
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