Bonjour a tous et toutes,
Je sais pas comment commencer cette histoire, ça va faire bientôt 3 mois ce 27 mai que ma fiancée a accouché de notre de petite Léo. Voilà trois moi que j'ai l'impression qu'on nous a retiré notre bonheur...
Je ne pensais pas un jour vivre tout ça, ressentir autant de tristesse et d'impuissance. Tout a commencé pour nous lors de l'échographie T2, l'échographe nous annonce que tout va bien que notre bébé est en parfaite santé et c'est lors du debrief qu'elle nous annonce un potentiel pied bot et qu'on doit retourner à l'hôpital refaire une écho afin d'approfondir ce sujet
On s'est pris un sacré mur dans la tronche a ce moment là, on aura pas notre bébé parfait...
On s'est effondré avec ma compagne, c'était si dur a accepter comme réalité. Pourquoi nous ?
On a commencé à se renseigner le plus possible sur le pied bot, comment on le soigne ? Est-ce qu'il y a des séquelles ?
Deux jours plus tard on retourne à l'hôpital et là on nous apprend que la problème est plus sévère. Heureusement nous étions accompagné, on voulait pas aller a ce rendez vous seuls.
A partir de la c'était la débandade, je me sentais totalement impuissant. Je voyais ma compagne en larme et je pouvais rien faire et ça me rendais fou. J'ai voulu être "fort" au début mais j'ai fini par craquer c'était trop dur. On a pleuré tout les jours pendant des jours / des semaines. J'ai eu beaucoup de mal à reparler au ventre de ma compagne, je n'y arrivais plus. Je touchais beaucoup moins son ventre je me sentais coupable, je n'avais qu'une phrase en tête c'était "je suis désolé".
On avait pris l'habitude d'écouter son petit cœur avec une petite machine qu'on avait acheté.
Les rendez vous se sont enchaînés et on a fini par arriver au jour fatidique 3 semaines plus tard, c'était la journée la plus difficile et la plus longue de ma vie. C'était une épreuve.
Heureusement qu'on était bien accompagné lors de toute cette histoire, dès lors qu'on a appris pour le pied bot nous sommes allé chez les parents de ma compagne car impossible de rester chez nous dans l'appartement dans lequel on se projetais. On est resté chez eux presque 3 mois quand même.
Lorsque nous sommes enfin rentré chez nous j'ai craqué j'ai fait ma demande en mariage, je vois pas pourquoi on aurait pas le droit au bonheur.
Aujourd'hui encore il reste un énorme sentiment de vide et d'injustice, je sais qu'on peut aller la voir au cimetière mais j'ai pas encore eu le courage de m'y rendre. C'est terrifiant ce sentiment d'impuissance que de voir sa compagne pleurer et on ne peut rien faire.
Je suis désolé si mon récit est un peu décousu, j'ai du mal a tout mettre bien en ordre dans ma tête. Je voulais partager un minimum mon vécu en tant que père. Tout les jours je me dis qu'il nous manque quelque chose. On a traversé tout le chemin de la grossesse mais on a pas eu la finalité.
Merci a celles et ceux qui me liront
Simon
IMG 27SA, récit d'un papa
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Valentineso
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Re: IMG 27SA, récit d'un papa
Bonjour Simon et merci pour ton témoignage. J'ai l'impression qu'il n'y a pas énormément de papas sur ce forum et pourtant, c'est tellement précieux de pouvoir s'identifier à des ressentis, des histoires... Papa ou Maman, la douleur est la même, mais le vécu peut être différent. Il y a encore cette injonction sociétale à ce que les hommes soient "forts", et il y a aussi, j'imagine, la volonté de soutenir sa compagne car c'est elle qui porte le bébé et donc l'idée que c'est elle qui "fait tout le travail". Je le pose comme ça car ce sont les paroles de mon conjoint.
Nous avons perdu notre bébé d'une mort in utero inexpliquée. C'était à l'aube du terme et ça a été, comme vous, une déflagration. Le jour de l'accouchement, après avoir passé 2 jours chez nous à "attendre" ce jour fatidique dans un état déplorable, il a été d'un soutien incroyable et il a été mon porte-parole auprès de l'équipe médicale pour respecter notre projet de naissance, alors que pour moi, tout s'était effondré et avec ça, la possibilité aussi d'avoir un accouchement comme je l'avais imaginé (en plus, j'ai accouché dans un autre établissement que celui qui était prévu). Il a absolument tout géré. Lorsque nous sommes rentrés à la maison le lendemain, il a été immobilisé pendant 2-3 jours car il avait des vertiges et la nausée. A priori, c'était le choc traumatique, mais ça il ne l'a compris qu'après. Il s'en est tellement voulu car il avait imaginé continuer à être ce pilier si solide pendant mon post-partum... Et il a compris aussi que pour prendre soin des autres, de moi, il devait aussi prendre soin de lui-même.
En en rediscutant, il m'a donc dit qu'il avait voulu être solide pour moi car "je faisais tout le travail", et ma réponse a été de lui dire, avec toute ma sincérité, que sans lui, je n'aurais pas été capable de le faire. On a été une équipe soudée et c'est ce qui m'a permis de pouvoir mettre au monde notre enfant, grâce à lui de la manière la plus fidèle à la version que j'avais imaginée et donc de vivre ce moment si douloureux de la meilleure des manières. Aujourd'hui cette journée reste un de mes plus beaux souvenirs, un des plus douloureux aussi mais je n'essaie de garder que l'amour que j'ai ressenti pour mon bébé en le rencontrant.
Ton sentiment d'impuissance revient beaucoup dans ton récit, et c'est un sentiment que nous expérimentons tous, je pense, sur ce forum. Si tu fais de ton mieux pour surmonter ta peine (et j'en suis persuadée), c'est déjà un cadeau énorme que tu te fais et que tu fais à ta fiancée.
C'est bien que vous ayiez été accompagnés, c'est tellement important je trouve de s'entourer des bonnes personnes dans ces moments dramatiques. Est-ce que vous voyez, toi et ta fiancée, un professionnel (psy, hypnose...) ? Ou de manière individuelle ? Pour ma part, ça m'aide énormément de poser mes ressentis à l'écrit comme à l'oral.
Je vous envoie toutes mes pensées, à toi, ta fiancée et à votre petite fille.
Valentine
Nous avons perdu notre bébé d'une mort in utero inexpliquée. C'était à l'aube du terme et ça a été, comme vous, une déflagration. Le jour de l'accouchement, après avoir passé 2 jours chez nous à "attendre" ce jour fatidique dans un état déplorable, il a été d'un soutien incroyable et il a été mon porte-parole auprès de l'équipe médicale pour respecter notre projet de naissance, alors que pour moi, tout s'était effondré et avec ça, la possibilité aussi d'avoir un accouchement comme je l'avais imaginé (en plus, j'ai accouché dans un autre établissement que celui qui était prévu). Il a absolument tout géré. Lorsque nous sommes rentrés à la maison le lendemain, il a été immobilisé pendant 2-3 jours car il avait des vertiges et la nausée. A priori, c'était le choc traumatique, mais ça il ne l'a compris qu'après. Il s'en est tellement voulu car il avait imaginé continuer à être ce pilier si solide pendant mon post-partum... Et il a compris aussi que pour prendre soin des autres, de moi, il devait aussi prendre soin de lui-même.
En en rediscutant, il m'a donc dit qu'il avait voulu être solide pour moi car "je faisais tout le travail", et ma réponse a été de lui dire, avec toute ma sincérité, que sans lui, je n'aurais pas été capable de le faire. On a été une équipe soudée et c'est ce qui m'a permis de pouvoir mettre au monde notre enfant, grâce à lui de la manière la plus fidèle à la version que j'avais imaginée et donc de vivre ce moment si douloureux de la meilleure des manières. Aujourd'hui cette journée reste un de mes plus beaux souvenirs, un des plus douloureux aussi mais je n'essaie de garder que l'amour que j'ai ressenti pour mon bébé en le rencontrant.
Ton sentiment d'impuissance revient beaucoup dans ton récit, et c'est un sentiment que nous expérimentons tous, je pense, sur ce forum. Si tu fais de ton mieux pour surmonter ta peine (et j'en suis persuadée), c'est déjà un cadeau énorme que tu te fais et que tu fais à ta fiancée.
C'est bien que vous ayiez été accompagnés, c'est tellement important je trouve de s'entourer des bonnes personnes dans ces moments dramatiques. Est-ce que vous voyez, toi et ta fiancée, un professionnel (psy, hypnose...) ? Ou de manière individuelle ? Pour ma part, ça m'aide énormément de poser mes ressentis à l'écrit comme à l'oral.
Je vous envoie toutes mes pensées, à toi, ta fiancée et à votre petite fille.
Valentine